Zbigniew Preisner – Requiem for my Friend

En 1997, un an après le décès de Krzysztof Kieślowski, Preisner compose Requiem for my Friend dont la première partie respecte les canons du genre avec une force inouïe, portée comme de coutume par la cantatrice Elżbieta Towarnicka. Enregistrés dans la cathédrale de Varsovie, le Kyrie Eleison et le Dies Irae sont ineffables, suivis du Lux Aeterna chanté en polonais ; quant au Lacrimosa je frissonne rien qu’à l’idée de l’écouter… Plus aérée, la seconde partie retrace une vie du Commencement à l’Apocalypse, chantée en grec et en latin et qui devait donner lieu à un spectacle co-écrit par Kieślowski pour être représenté à Athènes. Une bande originale restée imaginaire, dans la veine de La Double Vie de Véronique et où les chœurs font pleuvoir les souvenirs avec Kai Kairos, terminée par une reprise allongée du Lacrimosa alors que mes yeux commençaient à sécher… Dix ans plus tard, j’ai regretté de ne pas éprouver le même intérêt pour l’album Silence, Night & Dreams ; mais avec ce Requiem à la beauté éternelle, Preisner avait placé la barre au-delà des cieux.