Underworld – Dubnobasswithmyheadman

Après cinq ans de mimétisme synthpop, Underworld décide enfin d’arrêter d’essayer de ressembler à Eurythmics qui font ça beaucoup mieux. Fin 1992, Karl Hyde et Rick Smith se sortent les doigts du col et recrutent Darren Emerson, un jeune DJ venu du hip hop et de la scène techno émergente. Avec sa façon unique de combiner dub et house, avec son sens inné de la transition il est à la source de Dubnobasswithmyheadman, le troisième album d’Underworld paru en 1994… Gare à la mue : en rupture totale avec ce qu’ils ont fait jusqu’ici, ce flux de 70 minutes ressemble à la création d’un genre, d’une manière aussi inattendue que Talk Talk lorsqu’ils prendront la direction du post-rock en 1988… De l’impétueuse déclaration aux gratte-ciel inspirée par Lou Reed (Mmm Skyscraper I Love You) au morceau inaugural Dark & Long, du satiné Dirty Epic au polychromique Cowgirl, Underworld fait sien un champ musical qui n’était alors certes pas nouveau, mais avec une conviction annonciatrice de chef d’œuvres.