Underworld – Beaucoup Fish

Beaucoup Fish, le titre est surréaliste pour un album qui ne l’est pas moins, cinquième production studio d’Underworld parue en 1999. On entre dès Cups dans le vif du sujet, 11 minutes d’une structure à géométrie variable, où des rythmes hypnotiques accompagnent une voix savamment filtrée. Push Upstairs et Jumbo maintiennent cet état de transe sédative, poussé un peu plus loin avec les superpositions downtempo de Winjer… Les échos romantiques de Skym apportent un calme délicieux précédant la cadence de Kittens, un morceau de 7 minutes qui pourrait avoir été écrit sur la planète K-Pax, aussi excessif que de regarder le soleil dans les yeux en attendant qu’il se couche… Moaner est convulsif et boucle ce périple saturé de sens, scandé ou murmuré, obsessionnel et magistral en termes de haute-fidélité. On a soupçonné Underworld de vouloir rendre compte du flux de conscience à travers leur musique, et pour ma part je confirme la sentence : avec Beaucoup Fish ils sont passés maîtres hanteurs en la matière.