Trainspotting

Parue en 1996, la bande originale du meilleur film de Danny Boyle est toujours aussi convaincante. Iggy Pop assure la mise en jambes avec Lust for Life, suivi de Brian Eno et son instrumentale amphibie (Deep Blue Day), sous-latrines lorsque Ewan McGregor pique une tête afin de récupérer ses suppos hallucinogènes… Primal Scream signe le titre éponyme, downtempo aux guitares trip hop ; il y a la britpop de Sleeper et son sensuel Atomic, le Perfect Day de Lou Reed ; Temptation de New Order et Sing de Blur, Nightclubbing d’Iggy Pop ou encore les infrasons liquides de Leftfield (A Final Hit), évoquant Irréversible ; mais c’est Bedrock et Underworld qui signent les morceaux les plus monstrueux, avec respectivement For What you Dream of et la voix médusante de Carol Leeming, suivi du stroboscopique Born Slippy, dix minutes de trance expérimentale où voix et rythmes se chevauchent… Le Closet Romantic de Damon Albarn est au générique de fin, mélodie vers le matin après cette succession de bouffées sonores dont on sort lessivé et euphorique, comprimé jusqu’à l’overdose par cette suite de tubes qui prend aux tripes. « You’re losing your mind, but that’s okay… »