Tim Buckley – Starsailor

On prend les mêmes et on continue : paru à peine six mois après Lorca, Starsailor poursuit plus avant la veine expérimentale d’un Tim Buckley au faîte de sa créativité. Si le format et la variété des chansons en font un objet musical apparemment plus accessible, la voix de Buckley n’en est pas moins devenue l’instrument principal, en trémolos jazzy avec Come Here Woman ou cocasse de dérision sur Moulin Rouge, mélancolique dans Song to the Siren ; le tout se terminant avec Down by the Borderline, bestiaire libéré de toute entrave… À l’instar de Lorca, Starsailor (qui lui est indissociable) peut laisser perplexe comme lorsque l’on vient d’avaler sa première huître : on aime rarement ça du premier coup ; mais une fois que l’on a compris qu’il fallait bien mastiquer, difficile de ne pas y revenir… Buckley publiera encore trois albums mineurs avant de s’éteindre sans raison apparente, si ce n’est d’avoir accompli l’essentiel.