Tim Buckley – Happy Sad

Deux ans après Goodbye and Hello, le troisième album de Tim Buckley marque une première rupture significative ; et si son titre Happy Sad rappelle son prédécesseur par ricochet, ce n’est que malice car ici la durée des chansons oscille entre 8 et 12 minutes, prenant le temps d’installer l’ivresse… La plupart des instruments ont été congédiés, ne reste en gros que la guitare de Lee Underwood, les congas de Carter Collins et l’indispensable vibraphone de David Freidman, soutien atemporel sur Strange Feelin’, sans oublier la basse acoustique de John Miller, palpable dans Dream Letter. Une liberté contagieuse traverse Gypsy Woman, là c’est sûr le folk a du plomb dans l’aile ; vite il faut lui trouver une autre étiquette ! Jazz conviendrait mieux, enfin jazz rock, ou plutôt jazz folk ? Rien de tout cela, Tim Buckley assume sa propre saveur et ça ne fait que commencer ; la comète est en orbite et n’en a rien à faire de torpiller son début de notoriété. Ses ailes sont frêles mais avant de se désintégrer au soleil, il va encore faire atterrir deux ovnis magnifiques…