The Nits – Ting

Dans la foulée de leur parenthèse symphonique Hjuvi, avec Ting les Nits accouchent d’un album puzzle où les impressions se superposent et se répondent en miroir, le temps de 15 titres ciselés jusqu’à l’ivresse. L’absence s’invite dans le ballet urbain de Cars & Cars, à l’arrêt de bus où le son Ting ! est produit en frappant sur les pierres sonores d’Arthur Schneiter ; au musée avec la Soap Bubble Box du sculpteur Joseph Cornell… Par petites touches de timbales et de violoncelle se noue un drame caché, ouaté sous les doigts du pianiste au bord d’un lac (Fire in my Head), contemplatif sur une colline entre feu et larmes (House on the Hill) et nu comme Jarrett dans le songe de Christine’s World… Le somnambule reste debout tandis que les arbres tombent (Night Fall, Tree is Falling), survivant à la nuit blanche (White Night) avant une escale à Saint Louis Avenue, non loin de Watertown… Concept album qui ne dit pas son nom, les Nits sont trop humbles pour ça, Ting offre peu de prises à la première écoute mais présente l’avantage de pouvoir être écouté à l’infini. Sa transparence augmente avec le temps, à l’instar de FuryandSound ou Spirit of Eden.