The Nits – Malpensa

Unies comme les roues du tricycle, les têtes pensantes de la pop qui se mérite font un retour remarquable en 2012 avec un album hors mesure, broderie raffinée dont les détails se révèlent au fil des écoutes… Love-Locks énumère les portes de Paris, où l’on se fait tout petit pour marcher le long d’une main, d’un coude, d’une épaule. Funambule entre deux gratte-ciel, Man on a Wire surmonte sa peur du vide comme on tutoie la liberté quand on est un Bird on a Wire… S’abandonner à l’autre dans Blue Things ou se souvenir de Berlin en 1963 (Schwebebahn), éviter se retourner dans les méandres du Minus Second Floor qui démarre comme Walking with Maria et se termine avec les violons de Villa Homesick ; céder au fluide brûlant des Big Black Boats puis sombrer dans la désinvolture de Thing Thing dont les quatre notes de piano rappellent L’irréel ; sans oublier Bad Government and its Effects on Town and Country, allégorie du désenchantement inspirée des fresques d’Ambrogio Lorenzetti et attisé par la trompette de l’artiste hip hop Kyteman… Sombre et délicat, ni serein ni inquiet mais riche en prouesses, Malpensa tient ses promesses.