The Nits – Les Nuits

Paru en 2005, le quinzième album studio des Nits est à la fois affecté et brutal, un écrin complexe où les émotions n’ont pas vocation à être égalisées. Réduits à leur trio d’origine, Henk, Rob et Robert invitent les cordes du Mondrian Quartet et entament Les Nuits en français. Avec The Rising Sun et sa voix flûtée empruntée à Mercury Rev, un couple se regarde changer à travers les couleurs d’un coucher de soleil ; puis l’on visite The Eiffel Tower, magnifique avec sa guitare electro-acoustique qui nous transporte au Père Lachaise, où l’on s’attarde chez Jim et Frédéric… The Long Song est un slow où l’on s’étreint jusqu’au bout, suivi d’une trilogie glaçante (Launderette, Pizzeria, Key Shop) où Henk relate l’assassinat du réalisateur Theo Van Gogh survenu près de chez lui… La fanfare à la Bregovic de The Red Dog est bavarde et The Wind-Up Bird a dû croiser le merle des BeatlesThe Hole ose le coup du cœur troué, son solo atteignant parfaitement sa cible. On termine avec une rencontre belle à pleurer entre un livreur de lait et une cuisinière (The Milkman), la vie reprend ses droits et si ce disque n’est pas insubmersible, il fend haut la main les vagues de la soupe pop habituelle.