The Nits – Knot

Paru en 2019, Knot poursuit l’exploration du passé entamée deux ans plus tôt avec Angst. Musicalement audacieux, ce vingt-quatrième opus est imprégné des textures ajourées de Robert Jan Stips aux claviers, associées au chant d’un Henk Hofstede ralenti, freiné par ces déambulations en marche arrière… Ultramarine ou le regard diffracté d’un soldat, The Delta Works où l’on croise les restes de l’amour dans une rue qui pourrait appartenir à la Twilight Zone ; The Concrete House avec Henk revoyant sa mère dans la maison dont il a hérité, jusqu’à l’inconsolable martèlement contre une porte sans personne derrière, devenue inutile à ouvrir… Le piano de The Blue Car se reflète dans des flaques évoquant la douceur de Ting ; Une Petite Allumette rappelle La Petite Robe Noire de Strawberry Wood et Machine Machine est un poème digne de Radiohead, entre rêves imprimables et peintures révolues… On termine avec (Un)Happy Hologram où Henk s’égaie au souvenir de son père, sa voix finissant par se noyer comme chez Grandaddy… La répétition de mini portraits donne l’illusion d’une trame indestructible en couverture de Knot, un grand album des Nits à apprivoiser en prenant tout son temps.