The Nits – Hjuvi, a Rhapsody in Time

En 1992 et à la manière de Talk Talk quelques années plus tôt, les Nits opèrent un virage radical le temps de deux disques incomparables. En collaboration avec The Netherlands Radio Symphony Orchestra, ils publient tout d’abord Hjuvi, a Rhapsody in Time, où la musique classique se met à leur service au gré des aventures de Hjuvi, jeune homme déambulant dans les chambres d’une maison imaginaire… Après quelques pièces instrumentales où Gershwin et Glass sont des locataires d’un soir, c’est toute la magie des Nits qui rejaillit lorsque la voix de Henk surgit pour la première fois (Room #3). Cela se répète à trois reprises et l’on est troublé par la parenté de ce timbre avec un certain Mark Hollis, fil conducteur de ce conte symphonique où les silences sont plus éloquents que bien des discours… Il y a autant de place pour un solo de percussions (Room for Percussion) que pour une saillie romantique (Room #7 Moved by Her), des envolées pianistiques (Pianata Part I & II) achevant ce projet habité tant par Ligeti que Yared, où les Nits démontrent qu’ils sont capables de tout incarner. Ils vont y prendre goût puisque leur album Ting va sortir la même année, quintessence d’une certaine idée de la musique.