The Nits – Angst

Cinq ans après le captivant Malpensa, les Nits proposent un album où la splendeur des mots le dispute au génie musical. Affranchi de ses influences passées, le trio fait preuve d’une maîtrise inédite le long de ces dix vignettes évoquant le quotidien de l’après-guerre… Une grand-mère tricote au coin du feu, le monde change et la peur est là (Yellow Socks & Angst) ; la vie éclôt et se fane dans Flowershop et ses effets évanescents comme en 2043… On a perdu la fréquence sur Radio Orange, la guitare est pudique et les accords clairsemés, les soldats sont là… La rivière de Two Sisters est en chocolat, pétrifiante avec ses percussions retenues rappelant Dust on the Window ; arrivent les trombes d’eau de Pockets of Rain, chef-d’œuvre miniature où l’on traverse les états humains sur un tempo éblouissant… Glissant et délicat, Breitner on a Kreidler visualise des photos et This Mortal Coil n’est pas loin du piano fugace de Zündapp Nach Oberheim, pour un retour tout en douceur après le plaisir d’avoir écouté un disque incroyable. Des bruissements et des collages, du jazz et de la réserve, Angst est inévitable et dose idéalement les ingrédients qui font la trempe des Nits depuis Tent.