The Art of Noise – In No Sense ? Nonsense !

Après mon intoxication post-adolescente à base d’In Visible Silence, j’allais embarquer pour une longue période alternative entre cold wave et indie, au point d’ignorer The Art of Noise pendant presque vingt ans… C’est donc avec un certain recul que j’ai acquis ce troisième album, passée l’euphorie de ma jeunesse et musicalement un peu plus affranchi. Si la veine avant-gardiste des débuts s’est estompée, les compositions restent inventives et tout compte fait, assez peu imitées ; même s’il est tentant de dire qu’Opus for Four ou Crusoe flirtent avec Vangelis, les cordes s’essayant à la pop symphonique, et que Dragnet fait immanquablement penser à Yello, un de mes favoris avec Roundabout 727, aussi court que percutant. Autant de vignettes sur un album qui n’a plus l’unité conceptuelle du précédent, mais se laisse écouter en dégustant un thé, comme font les silhouettes zébrées dans le livret.