Taraf de Haïdouks – Bandits d’honneur, chevaux magiques et mauvais œil

Formé en Roumanie en 1990, Taraf de Haïdouks est un groupe de musiciens originaires de Clejani, une province au sud de Bucarest. Entre tradition et renouveau, ils sont une vingtaine à perpétuer la musique tzigane des Balkans entre le violon et l’accordéon, la flûte de pan et le cymbalum, surnommé « piano tzigane » et utilisé aussi par Portishead… Paru en 1994, un an après leur participation au film Latcho Drom de Tony Gatlif qui les a révélés en France, l’album Bandits d’honneur… démarre avec Spune Spune Mos Batrîn, une chanson paysanne qui m’évoque l’allant bon enfant des Frères Morvan ; le violon virtuose d’Azi Eram Frumoasa rappelant les Hongrois de Muzsikás… Aux dires des propos nourrissants contenus dans le  livret, la danse de noce Geampare a été modernisée et offre une palette rythmique riche en péripéties ; avant la flûte primesautière de l’instrumentale Doina Si Cîntec ou encore l’accordéon chagrin de Duba Duba Si Hora, un « chant de prison » proche des paysages sonores de Bregovic. Ça dure soixante-seize minutes et c’est authentique comme Le Forestier, ça me rappelle une semaine passée à randonner sur les montagnes de Bulgarie.