Talking Heads – Little Creatures

Paru en 1985, cinq ans après Remain in Light, le sixième album des Talking Heads conforte le sillon affectueux de la troupe à David Byrne, dont la voix chaude donne corps à des comptines comme ces Creatures of Love lissées à la steel guitar ; avant de s’emballer dans les aigus sur le délirant Perfect World tandis que l’intro de Television Man m’évoque les Nits, ses gimmicks syncopés soudain gagnés par des rythmes africains… Un disque délassant où l’on retrouve aussi le célèbre Road to Nowhere, avec son tempo militaire comme un mélange entre Every Breath you Take et Stop the Cavalry ; suivi d’une version bis de The Lady Don’t Mind d’abord irritante avec ses bricolages stéréo, avant de se révéler supérieure à l’original grâce à un remarquable solo de percussions… Entre le glam de Brian et la new wave feutrée des Stranglers, Little Creatures mérite notre patience, avec en couverture un tableau plein de bosses signé de l’artiste brut Howard Finster. « I’m not lost, but I don’t know where I am… »