Talk Talk – Laughing Stock

Paru en 1991, le dernier opus de Talk Talk commence par 17 secondes de silence. J’ai 22 ans lorsque je le découvre, occupé à disposer les pièces d’un puzzle représentant un tableau de Brueghel ; « 17 seconds, a measure of life » disait Robert Smith… Un accord à la guitare suivi d’un alto, dès Myrrhman la voix de Mark est réduite à sa quintessence, parsemant ses mots entre désespoir et rédemption. Ascension Day éblouit par ses percussions suivies du rythme laiteux d’After the Flood, son chant mystique avant l’ascétique Taphead en proie à l’inconnu, une trompette infernale avant le plus beau hiatus… New Grass et Runeii emportent vers un piano décharné où Hollis est a peine audible et pourtant, on se sent au plus près de sa respiration… Comme Spirit of Eden qu’il est recommandé d’écouter en premier, Laughing Stock a été produit par Friese-Greene et Phil Brown, Hollis et Lee Harris entourés d’une douzaine de musiciens après le départ de Paul Webb. Aussi sublime que Tago Mago, Rock Bottom et Ting réunis, peu de disques m’inspirent autant de respect et il fallait bien ça pour célébrer mon millième billet musical, sept ans et demi après avoir initié cette mélomanie avec A Certain Ratio.