Yes – Relayer

Deux ans après Close to the Edge, Yes publie Relayer qui réitère le principe du concept album construit autour de trois morceaux : The Gates of Delirium sur la face A et Sound Chaser suivi de To Be Over sur la face B du vinyle. Bruford est parti, remplacé par Alan White tandis que le Suisse Patrick Moraz est à l’orgue et au Mini Moog, qui rejoindra plus tard les Moody Blues… Les trois quarts de la chanson phare sont débridés, tempétueux et inspirés par le roman Guerre et Paix de Tolstoï ; la magie opérant durant le dernier quart avec un hymne magnifique, inspirant l’accalmie et qui paraîtra en single (Soon)… Le second titre s’apparente à une jam session peuplée de cris funky, je lui préfère le dernier avec son simili sitar et ses guitares alambiquées, qui me donnent envie d’aller visiter The Lamb Lies down on Broadway… Neuf ans plus tard, leur tube Owner of a Lonely Heart fera connaître Yes au plus grand nombre, dont je faisais alors partie car je ne me suis intéressé que bien plus tard à ces albums autrement précieux.

Yes – Close to the Edge

Formé à Londres en 1968 autour du chanteur Jon Anderson, du guitariste Peter Banks et du bassiste Chris Squire, du pianiste Tony Kaye et du batteur Bill Bruford, Yes est un groupe de rock progressif britannique. Ils publient chez Atlantic Records un premier album éponyme en 1969, suivi de Fragile qui mérite d’être découvert même si je m’en suis récemment séparé car je le trouvais un peu trop braillard ; avant Close to the Edge paru en 1972 et qui sera leur plus bel opus, les 18 minutes du titre éponyme occupant la première face du vinyle. Un morceau épique articulé en quatre chapitres dans la pure tradition du rock progressif, où se côtoient solos de guitare et envolées symphoniques, climax à l’orgue et chant à fleur de peau… La seconde face est plus sereine, en deux titres à résonance folk (And You and I) ou psychédéliques sur Siberian Khatru et ses superpositions vocales ; pour un disque à écouter entre Red et Misplaced Childhood. « I get up, I get down… » Je dédie cet article à mon ami Puzzledoyster, dont le courage et la générosité étaient hors norme.