Ui – Answers

Dernier album d’Ui, Answers paraît en 2002 et débute en trombe avec le nerveux Back Up. Un peu plus loin, le tamtam de Sunny Nights précède une ribambelle de cordes fluides, ponctuées par une batterie tonique… D’abord bien sentie, l’intro du morceau éponyme sombre bientôt dans le vacarme, puis il faut attendre John Fitch Way pour retrouver le commencement d’un frisson, au gré d’accords imprévisibles en leur tempo fougueux… 100% instrumental, Answers est à 70% réchauffé et montre les limites d’Ui, enfermé dans ses recettes tandis qu’à la même époque Mogwai, Explosions in the Sky ou Godspeed You! Black Emperor continuaient à faire évoluer leur tambouille, avec plus ou moins de réussite mais le cœur y était.

Ui – Lifelike

Trois ans après Sidelong, Ui revient avec un disque millimétré, tracé au cordeau dans le sillon du post rock. Où le chant a totalement disparu au profit d’ambiances plutôt brèves, entre saccades (Laceria) et bruitages (Acer Rubrum), avec de belles échappées comme Undersided et ses cuivres à la Red Snapper, Green of The Melon où basse et harmonica se troublent sous une averse de percussions aliénées, suivi par The Fortunate One Knows no Anxiety et son rythme à la massue, funky donnant un peu de chaleur à cet ensemble où domine une certaine apathie… Et même si Exeunt s’approche éminemment de la guitare de Mark Hollis, situé en fin de piste il ne fait que conforter le sentiment d’inachevé de Lifelike.

Ui – Sidelong

Premier album longue durée d’Ui, Sidelong assoit et éclaircit le son esquissé sur leurs ep 2-Sided/The Sharpie. Il paraît en 1995 et bénéficie d’une production plus élaborée, entre les mains de John Loder aux studios Abbey Road. Le banjo d’August Song et sa guitare cadencée, la batterie au taquet de The Long Egg, Sexy Photograph où la basse gondole sous une poignée de paroles réverbérées, la lenteur à la Tortoise de Top Requests : parfois étiqueté « math rock », Ui reste attaché aux sonorités organiques et chante comme Damo Suzuki sur Golden Child, flemmarde à travers les cordes samplées de The Piano ou se fend sur Painted Hill d’une ligne rythmique faisant là aussi penser à Can… Niché dans un digipack illustré de tableaux et collages de James Gallagher, Sidelong fait vibrer.

Ui – The 2-Sided EP/The Sharpie

Groupe de post rock américain, Ui  a été créé à New York en 1990 par Sasha Frere-Jones et Clem Waldmann. Ils se font connaître sur scène en première partie de Tortoise ou Stereolab, avant d’enregistrer plusieurs ep entre 1994 et 1996, parmi lesquels The 2-Sided EP et The Sharpie qui ont été réédités sur le label Southern Records… Chez Ui la guitare basse est reine, cadencée devant une batterie millimétrée et qui sonne funk sur Horn Crown Label et son intro au banjo, nerveuse le long des accords accidentés de Lull ou encore très amortie avec I will not Make Inconsiderate Requests… En seconde partie, les 11 minutes de The Sharpie déploient un espace de cordes et violoncelle en sourdine, suivi du  joyau Have a Good Time où basse et batterie se livrent un duel pulsé. Hypnotique et bourru, Ui propose un trip réjouissant, servi dans un digipack garni d’illustrations non moins brutes.