U2 – Pop

Treize ans ont passé depuis The Unforgettable Fire et U2 s’est transformé en bête de stade, alignant les succès planétaires lorsqu’en 1997 paraît un album intriguant, intitulé Pop et dont la couverture montre les quatre membres du groupe à la manière de Roy Lichtenstein… Ma curiosité est piquée, je retente le coup et suis séduit par le son funky de Discotheque, qui devient carrément trip hop sur Mofo avec samples et gros beat, tout y passe on dirait les Chemical Brothers ; mais l’album ne tient pas la distance et le convenu revient avec ses gros sabots (Staring at the Sun, Please), et même si Last Night on Earth évoque Kajagoogoo et que la noirceur ambiante de Miami fait penser à Tricky, on obtient une sorte de foutoir boursouflé où U2 n’a pas vraiment trouvé sa place, ce qui n’empêche pas de saluer leur capacité à se remettre en question… Pour la vraie expérimentation on écoutera plutôt le Pop de Pierre Bastien, et si l’on est d’humeur impétueuse je suggérerais les Young Gods, ou comment quatre petits Suisses pourraient bien faire oublier quatre grands Irlandais.

U2 – The Unforgettable Fire

Un an après War, U2 est de retour avec son quatrième album studio The Unforgettable Fire. On y retrouve le son de guitare caractéristique de « The Edge », que ce soit sur Pride (In the Name of Love) dédiée à Martin Luther King ou Bad, ce dernier ayant ma préférence pour son côté atmosphérique, étiré dans lequel se fond la voix haute en couleurs de Bono, grâce aux bons soins de Brian Eno convié à la production… On retiendra encore la courte et intimiste Promenade, l’instrumentale 4th of July et la berceuse finale MLK, cela mis à part on s’ennuie sur ce disque où les chansons ronronnent, victimes de leur côté « barquette préemballée prête à consommer » qui ne va pas s’arranger avec le temps ; au point de les entendre désormais dans les hypermarchés, s’insinuer en sourdine quand on fait ses courses.

U2 – War

Paul Hewson dit « Bono », David Evans dit « The Edge », Adam Clayton et Larry Mullen forment U2 à Dublin en 1976. Ils sont alors lycéens et font leurs armes dans les pubs irlandais, avant de sortir un premier album en 1980. Paru trois ans plus tard, leur troisième opus War s’ouvre avec Sunday Bloody Sunday, transpirant d’énergie entre basse et batterie rageuses, violon surprise et chant triomphal… L’album contient aussi New Year’s Day qui a toujours été ma chanson favorite, et lorsque je suis parti pour Compostelle sans emporter de musique, de l’entendre depuis la caravane où j’ai passé ma septième nuit me l’a rendue encore plus précieuse. J’avais en effet trouvé à m’héberger dans un camping, où une équipe de rugbymen a festoyé toute la nuit sous chapiteau… Drowning Man est une autre chanson d’amour à l’instrumentation touffue, Red Light évoque les filles de joie d’Amsterdam et les guitares s’envolent avec Surrender, où la voix de Bono est secondée par les chanteuses de Kid Creole… À la fois rock et brouillon, mélodieux et énervé, new wave aussi, War ne laisse pas en paix les oreilles rebelles.