The Prodigy – The Fat of the Land

Avec son crabe en couverture, le troisième opus des Prodigy paraît en 1997 et les fait connaître au-delà des frontières britanniques. En dépit de ses paroles simplistes, Smack my Bitch Up accroche d’emblée, sa choriste surexcitée ajoutant à la pulsion… Rappé par Kool Keith, Diesel Power évoque un instant Mezzanine paru l’année d’après, suivi de Serial Thrilla et son alarme oppressante. Il y a aussi une guitare humide et des rythmes à la Propellerheads (Breathe), ou encore les tubesques Firestarter et Climbatize pour une paire hip hop échevelante ; le joyau du disque se situant juste avant, avec Narayan où l’adrénaline monte par paliers à franchir solidement encordé à Crispian Mills, chanteur indie invité pour cet exploit… D’une efficacité redoutable, The Fat of the Land est un album de haute volée même si je lui préfère d’une courte tête le souterrain Music for the Jilted Generation ; et qui a frappé si fort que tout ce qui a suivi ne s’en est plus jamais approché.

The Prodigy – Music for the Jilted Generation

Deux ans après Experience, The Prodigy revient avec un album encore plus survolté, Music for the Jilted Generation dont les textes réagissent au durcissement des lois anti-raves de 1993… Howlett commence par publier le single One Love sur un white label, comme pour tâter le terrain avant de lâcher cette bombe sonore de 79 minutes, où les séquences drum’n bass s’enchaînent vélocement et dont la Narcotic Suite constitue le point d’orgue avec ses trois titres en vase clos et le dantesque Skylined au milieu ; pour un trip aussi faramineux que Born Slippy… Bris de verre et samples funk (Break and Enter), claviers déchaînés (Full Throtle) et jungle (Voodoo People), envies d’appuyer sur le champignon (Speedway) avant un big beat (No Good) : cette bande son pour une génération délaissée s’écoute à fond, fait disparaître les rides et danser les neurones. « My mind is glowing… »

The Prodigy – Experience

Créé à Essex en 1990 par le DJ Liam Howlett, les chanteurs Keith Flint et Maxim Reality et le claviériste Leeroy Thornhill, The Prodigy est un groupe de musique électronique britannique. Sous l’impulsion de Liam qui a déjà composé plusieurs démos, ils sont remarqués par le label XL où ils signent en 1992 leur premier album Experience… Gonflé à l’adrénaline, leur son est un mélange de breakbeat et de techno garni de samples farceurs, où les voix s’accélèrent comme dans un dessin-animé (Out of Space) puis se répètent et s’entêtent jusqu’à la transe (Everybody in the Place)… On croirait entendre Tricky sur Wind it Up et les rythmes acides de Jericho laissent des traces de cuivre ; Ruff in the Jungle Bizness m’évoque les Chemical Brothers tandis que la linéarité de Weather Experience fait penser aux débuts d’Orbital…  Un opus étoffé et délirant, aux bricolages parfois datés mais annonciateurs de prodiges.