The Future Sound of London – Dead Cities

Paru un an après l’engageant ISDN, ce quatrième album mène à leur paroxysme les ambiances esquissées auparavant par FSOL. En distribuant les cartes d’un jeu qu’ils viennent d’inventer, Dead Cities se libère des étiquettes et atteint le rang d’œuvre autosuffisante, qui ne doit plus rien à personne… La chanson éponyme annonce le départ d’une course saisissante dans la ville de notre imaginaire, où samples et boucles élaborés produisent des effets inouïs ; le point de fusion étant atteint avec Everyone in the World is Doing Something without Me et la voix sublime de Rebecca Caine, parfaitement enchaîné avec My Kingdom… Marqueur temporel indéniable, Dead Cities est un chef d’œuvre qui perdure au même titre que Chill Out des KLF ou 76:14 de Global Communication ; à présent et pour aller plus loin dans ce type d’ambiance, l’heure est venue de quitter FSOL dont les Environments parus en 2007 sont monotones et peu convaincants, afin de plonger sans bouée dans Owl Splinters de Deaf Center.

The Future Sound of London – ISDN

Paru en juin 1995, ISDN est le troisième album de FSOL. S’il conserve un côté IDM à la Black Dog, il montre qu’il sait s’en affranchir avec le jazzy Smokin Japanese Babe ou It’s My Mind That Works construit à la manière d’une intrigue écrite par David Lynch… Plus ramassé que Lifeforms, ISDN raconte une histoire à facettes se rapprochant parfois des écossais Boards of Canada ; ainsi You’re Creeping Me Out et ses cris de baleines, Kai entre lasers et futur oriental, sans oublier l’intervention spatiale de Robert Fripp sur Dirty Shadows… Le titre du disque rend hommage à la technologie ayant permis d’enregistrer certains morceaux en simultané à partir de plusieurs endroits du monde, ceci avant l’invention de l’ADSL ; cet étalage de sons est aussi le brouillon annonciateur de leur prochain ouvrage : Dead Cities que je m’en vais écouter sans plus tarder, animé d’une joie prémonitoire.

The Future Sound of London – Lifeforms

Créé en 1988 par Garry Cobain et Brian Dougans, The Future Sound of London est un groupe britannique de musique electro. Ils sont également très impliqués dans la conception des vidéos de leurs singles, et le démontrent en 1991 lorsque paraît leur premier succès : Papua New Guinea d’après un sample de Dawn of the Iconoclast des Dead Can Dance… Rapidement signé chez Virgin, FSOL sort son second album Lifeforms en 1994. Assimilé à de l’ambient dub, ce double cd de quatre-vingt douze minutes faisait figure de précurseur à sa sortie, dressant des passerelles entre différents styles tout en s’opposant à la techno dominante… Les bruitages organiques de Cascade ou de Flak donnent le ton d’un univers évoquant Shpongle, suivis de l’envoûtant Lifeforms avec la participation de Liz Fraser des Cocteau Twins ; il y a aussi l’éthéré Domain, l’inquiétant Life Form Ends et le non moins trouble Omnipresence : ainsi va ce copieux opus et son livret garni de photos chatoyantes, idéal pour pénétrer la bulle de ce duo légèrement sophistiqué.