The Flaming Lips – The Terror

C’est avec ce disque que j’ai redécouvert les Flaming Lips, dans le podcast All Songs Considered où Coyne était invité. Nous sommes en 2013, deux ans après 7 Skies H3 aux allures post rock, quatre ans après l’infernal Embryonic… Aux côtés du guitariste et clavier Steven Drozd, du bassiste Michael Ivins et du batteur Kliph Scurlock, Wayne Coyne abandonne toute fantaisie pour nous entraîner dans les méandres d’un esprit désolé, isolé du monde comme à son habitude lorsqu’il apparaît dans une bulle de plastique géante au début de ses concerts, la jovialité en moins… L’enchaînement de Try to Explain, The Lust et The Terror forme le noyau noir de cette peinture ambient ; plus haut perché que jamais le chanteur à la voix d’abîme se raccroche aux branches de Turning Violent, et dans un dernier soubresaut lance un appel d’outre-espace avec Always There in our Hearts. Moins immédiate qu’Embryonic dont elle approfondit l’humeur, The Terror est une fresque immersive et roborative qui se dévoile avec le temps.

The Flaming Lips – 7 Skies H3

Deux ans après la baffe sensorielle d’Embyronic, les Flaming Lips enregistrent un morceau d’une durée de 24 heures (sic), intitulé 7 Skies H3 et commercialisé à seulement 13 exemplaires sur une clé à mémoire fichée dans un crâne humain ! Inutile de dire qu’il n’y en a pas eu pour tout le monde, d’autant que chaque exemplaire valait 4 000 euros ; heureusement l’œuvre avait aussi été proposée en libre écoute sur leur site, tandis qu’en 2014 paraît cette version raccourcie, tenant sur un seul cd… Et c’est à nouveau un disque défiant les lois de la banalité, aux allures organiques et où souffle un vent venu de loin, dès le premier titre la voix de Wayne Coyne évoque On Ships of Gold des Black Heart Procession ; suivi de Battling Voices from Beyond, un thème à drainer la lymphe tandis que Requiem et Can’t Let it Go offrent sans pesanteur un retour à la normale… En divisant la durée de l’œuvre originale par 29 (un ratio qui aurait pu tomber à 18 s’ils avaient rempli le cd), puis en fractionnant le résultat en 10 morceaux quintessentiels, les Flaming Lips ont réussi à transformer une performance en un très bon album.

The Flaming Lips – Embryonic

The Flaming Lips est un groupe de rock psychédélique américain fondé à Oklahoma City en 1983 autour du chanteur Wayne Coyne, de son frère Mark qui ne sera présent que le temps d’un album, et du bassiste Michael Ivins. Les premiers opus des Flaming Lips sont imprégnés de la culture underground des années 70, entre sonorités noise et expériences avant-gardistes à l’image de leur album Zaireeka, paru en 1997 et constitué de 4 cd que l’auditeur est prié d’écouter sur 4 chaînes hi-fi différentes, en les démarrant simultanément ! Deux ans plus tard paraît The Soft Bulletin qui ne m’a jamais emballé ; c’est en 2009 que débute mon intérêt pour les Flaming Lips avec leur douzième album Embryonic, concept album de 70 minutes oscillant entre space rock et collages electro, entre prog et post punk parsemé de moments étranges (Gemini Syringes) ou à faire flipper (Worm Mountain), planants (Silver Trembling Hands) et oniriques (I Can be a Frog avec la géniale Karen O). Un cocktail qui n’appartient qu’à eux, et s’absorbe jusqu’à la dernière note.