The Durutti Column – Bread & Circuses

Sixième album des Durutti Column, Bread & Circuses procède par superpositions de touches ambiantes où différentes guitares interviennent en même temps, avec des percussions au premier plan sur Dance II & I, ou au contraire suggérées lorsque Vini Reilly prête sa voix aux morceaux les plus marquants (Black Horses, Tomorrow). Les cuivres jouent un rôle prépondérant, étranges à force de réverbération sur Hilary, ou bien alternant des deux côtés de la scène sur Dance I ; pour ne rien dire du piano perturbé de Street Fight, entre coups de trompette et de mitraillette… L’album est également connu sous le titre de Circuses & Bread, une bizarrerie formelle de plus chez ce groupe qui prend un plaisir évident à nous trimbaler dans ses résonances. « Tomorrow never comes… »

The Durutti Column – Without Mercy

Trois ans après leur chef-d’œuvre LC, les Durutti Column reviennent avec un album composé de deux titres durant chacun 19 minutes, sobrement intitulés Without Mercy 1 et Without Mercy 2. Leur fausse tranquillité s’y épanouit plus que jamais, l’ajout de cuivres et d’un violon évoque une atmosphère diffuse de musique de chambre, où les morceaux se complètent l’un l’autre en suivant chacun son propre crescendo, le second plus inquiétant que le premier… Aux nombreux instruments se joignent des percussions manifestes, la voix pourtant est absente et seul le piano relie finalement le départ et l’arrivée, où des cordes à peine frôlées par un archet auront le dernier mot… Se voulant une évocation d’un poème de John Keats, Without Mercy est aussi précieux que charmant, electro et désuet… Les inédits doublent la durée de ce cd quasiment introuvable, incluant les incontournables Silence et All that Love and Maths Can Do.

The Durutti Column – LC

Intitulé LC pour Lotta Continua qui signifie « la lutte continue » en italien, le second album des Durutti Column ajoute un chapitre important au carnet de bal des Mancuniens de la Factory. Un disque où les morceaux prennent de l’assurance sans tomber dans la banalité : de Messidor où la guitare et la batterie sont d’une clarté inhabituelle, à Portrait for Frazer évoquant l’univers des Cocteau Twins qui font leurs débuts à la même époque, même si l’homonymie avec Liz Fraser est sans doute involontaire… L’apparition du chant indique un autre changement, Vini Reilly s’acquittant de la tache avec un naturel rappelant les grandes voix du post punk, il suffit d’écouter Sketch for Dawn pour penser à Wire mais aussi au chanteur de Joy Division, Ian Curtis auquel The Missing Boy rend hommage… Un piano désaccordé termine ce second opus nourri au spleen ; les inédits prolongent le plaisir mais sans frisson particulier, donnant surtout envie de recommencer le voyage.

The Durutti Column – The Return of the Durutti Column

The Durutti Column est un groupe avant-gardiste britannique formé en 1978 à Manchester par le guitariste Vini Reilly, le batteur Bruce Mitchell et le bassiste et clavier Keir Stewart. Leur nom a été inspiré par l’anarchiste espagnol Buenaventura Durruti… Paru chez Factory en 1980, le tirage initial de leur album The Return of the Durutti Column présentait une pochette réalisée en papier de verre de façon à endommager les autres disques à chaque fois qu’il était rangé, un clin d’œil à Guy Debord qui en avait eu l’idée dès 1958, pour la couverture de ses Mémoires… Les Durutti Column sont difficiles à classer, la musique qu’ils distillent est presque toujours instrumentale, où des guitares au son cold wave tournent en boucle devant une batterie effacée comme dans Requiem for a Father, un morceau triste mais sans pesanteur appuyée, plutôt un martèlement hypnotique qui culmine avec Sketch for Winter, tandis que Katharine a un côté jazz… Les inédits First Aspect of the Same Thing et Madeleine sont remarquables.