The Beatles – Abbey Road

Abbey Road est le onzième et dernier véritable album des Beatles, c’est en effet autour de la chanson I Want You que le groupe se réunit pour la dernière fois en studio. C’est aussi le meilleur titre du disque, et je ne dis pas cela parce qu’on y entend l’un des premiers synthétiseurs Moog, et qu’Alan Parsons doit être assis à côté, ni pour ses paroles minimalistes étirées pendant sept minutes, ni même pour la façon dont elle a été coupée net, terminant avec brio la première face du vinyle original. C’est juste une des plus belles chansons d’amour jamais écrite… Because est le second temps fort de ce disque, hymne à la vie tout simplement ; il y a aussi le medley d’un quart d’heure des titres 9 à 17, où la magie des Fab Four fonctionne à plein, prolongeant ce sentiment de diamant pop aux multiples facettes déjà éprouvé sur le White Album. Tout a été dit sur la couverture à l’origine de la rumeur voulant que McCartney soit mort depuis 1966 ; choisie parmi d’autres clichés pris en série par Iain MacMillan, on notera que cette photo montre les Beatles quittant les studios d’enregistrement.

The Beatles – Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band

Fin 1966 les Beatles mettent un terme à leurs concerts, les moyens de l’époque ne leur permettant pas de restituer ce son qu’ils développent avec tant de fécondité en studio. Cette rupture avec la Beatlemania leur permet de se consacrer sereinement à leur huitième album, Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, paru en 1967 après quatre mois d’enregistrement. Comme sur Revolver, le sitar est présent et rejoint par des percussions hindoues sur Within You Without You, très raffiné au contraire de She’s Leaving Home, d’inspiration baroque, la clarinette s’enfonçant dans le classicisme sur When I’m Sixty-Four. Ceci parmi d’autres titres gavés d’échos et de trouvailles souvent dues à George Martin, producteur très investi, résultant en un album éparpillé, vaste collage d’expériences à l’image de sa couverture, se voulant un hommage à des personnalités du monde entier. Aussi, en dépit du fabuleux A Day in the Life, cet album au titre à rallonge n’est pas le plus abouti des scarabées en rythme.

The Beatles – White Album

Largement élaboré lors d’une retraite spirituelle dans le sanctuaire hindou de Rishikesh, le neuvième et double White Album des Beatles marque un retour aux guitares et aux sonorités rock, au sein d’un patchwork où chaque membre s’est fait plaisir en intégrant ses propres morceaux, sans véritable souci de cohésion. Une disparité reflétant le début des tensions, où chacun reste cependant déterminé à donner le meilleur de lui-même, dans le rock pur et dur avec Helter Skelter ou Birthday, le jazzy Honey Pie, mais la crème se trouve du côté des ballades, émouvantes de Dear Prudence à Julia, subtiles de Blackbird à Long, Long, Long. Sans oublier le monumental collage Revolution 9, musicalement prophétique et très supérieur au Revolution 1, que Lennon a eu raison de maintenir contre l’avis de la production. En plus des paroles, le livret de vingt-quatre pages montre des photographies de jeunesse des Beatles.

The Beatles – Revolver

Les Beatles ont été créés à Liverpool en 1957 par John Lennon, Paul McCartney et George Harrison. Le batteur Ringo Starr arrive en 1962, année de la signature chez Parlophone, grâce à George Martin et après avoir essuyé un refus chez Decca. Longtemps unis malgré l’ampleur de leur succès, ils se séparent peu après l’arrivée de Yoko Ono dans la vie de Lennon, en 1970… Revolver prolonge les expérimentations entamées sur Rubber Soul, tandis que les Beatles s’adonnent aux joies du LSD dont l’usage est encore licite ; en particulier John à qui l’on doit le psychédélique Tomorrow Never Knows, les ingénieurs du son des futurs studios Abbey Road se pliant à toutes les exigences du groupe le plus adulé de la planète, en synchronisant manuellement dix magnétophones ! D’autres prouesses sont à l’œuvre, ainsi I’m Only Sleeping intègre un solo de guitare joué à l’envers, et si l’on ajoute le sitar sur Love You To, incarné par Harrison suite à sa découverte de la musique de Shankar, et les légendaires Eleanor Rigby et Yellow Submarine, on obtient tout simplement le meilleur album des Beatles.