Tears for Fears – Songs from the Big Chair

Deux ans après leur premier et puissant opus The Hurting, les Tears for Fears reviennent avec l’album qui va les révéler au grand public : Songs from the Big Chair et les incontournables Shout et Everybody Wants to Rule the World… S’il n’a pas grand-chose à voir avec son prédécesseur, ce disque renferme de bons moments avec le piano de The Working Hour secondé d’un saxophone bien tempéré, I Believe ou la ballade d’Orzabal en hommage à Robert Wyatt, enchaînée avec la paire Broken-Head over Heels suivie d’une reprise live de Broken pour un medley joliment étagé… Désormais plus proches de Duran Duran que des Cure qu’ils étaient brièvement parvenus à tutoyer, les Tears for Fears signent un album on ne peut plus respirable. « Funny how time flies… »

Tears for Fears – The Hurting

Membres fondateurs des Tears for Fears, un groupe de new wave britannique formé en 1981 dans le Somerset, Roland Orzabal et Curt Smith se connaissent depuis tout petits. Tous deux guitaristes, claviers et chanteurs, ils se nomment Tears for Fears en référence à la thérapie primale d’Arthur Janov, où l’on part de son présent pour remonter à la naissance en passant par les souvenirs, afin de faire émerger des souffrances refoulées… Paru en 1983, leur premier et courageux concept album suit ces préceptes à la lettre, entre le titre éponyme The Hurting et Start of the Breakdown, dix chansons s’enchaînent où rien ne nous est épargné de la folie des hommes avec Mad World et sa guitare au rasoir, précédant Pale Shelter annoncé à la manière de Pornography, la voix recueillie de Curt évoquant Talk Talk sur Ideas as Opiates et Memories Fade… Les accords entêtants de Watch Me Bleed, l’amitié évanouie (Change) ou encore The Prisoner hurlant au comble du tourment : le propos est poignant de bout en bout, avec un sens certain du crescendo… Le livret contient les paroles, et elles sont recommandées pour suivre ce voyage dans l’enfer de l’enfance, le temps d’un disque à la surface trompeuse.