Sylvain Chauveau – Le Livre Noir du Capitalisme

Né à Bayonne en 1971, Sylvain Chauveau est un compositeur français. Après avoir fait partie de plusieurs groupes rock au chant et à la guitare, il change de voie en 1998 afin de retrouver ses racines dans la lignée de compositeurs tels que Ravel ou Satie ; tout en y associant son intérêt pour la musique concrète de Pierre Henry et Bernard Parmegiani. Une fois qu’on a dit ça on n’a encore rien dit, car la musique de Chauveau est tellement personnelle qu’elle se passe de références ; tournée autant vers l’electro que le classique, et s’il y a bien un côté expérimental fait de collages et de répétitions, ce n’est jamais une fin en soi… Réédité chez Type en 2008, son premier album voit son titre passer en langue anglaise : The Black Book of Capitalism. Serait-ce pour favoriser ses ventes à l’international ? Je suis taquin car l’essentiel est ailleurs, et c’est un paysage jouissif qui attend l’auditeur entre les cordes sombres du Marin Rejeté par la Mer et la diatribe des Hurlements en Faveur de Serge Turc, au détour des gémissements de Je suis Vivant et Vous êtes Morts ou de l’accordéon de Potlatch, évoquant l’univers de Béla Tarr.

Sylvain Chauveau – Nocturne Impalpable

Un an après son premier album, Sylvain Chauveau continue à peindre ses contrées exclusives au sein d’un travail plus sobre, épuré et pouvant s’apparenter à de la musique de chambre electro, dans ce Nocturne Impalpable qu’il a lui-même présenté comme étant son manifeste… Aux côtés de Joan Cambon, ami et partenaire du groupe Arca qu’il a formé la même année, ce second disque est accueilli par le label DSA de Gérard Nguyen, découvreur entre autres de Pascal Comelade… Violons et pianos dominent ce nouvel opus, installant une ambiance contemplative dès le premier morceau Blanc, puis mélodramatique sur Radiophonie No. 1 tandis qu’Ocre et Léger font apparaître un Erik Satie translucide, au coin de la rue une nuit d’automne… Il y a aussi Radiophonie No. 2 ou la traversée mélancolique d’archives sonores ; par ailleurs six interludes d’une trentaine de secondes émaillent Nocturne Impalpable, murmures organiques venant souder cette œuvre à visiter sans halte, entre l’intime et l’inquiétude.