Stina Nordenstam – People are Strange

Quatre ans après l’attachant And She Closed Her Eyes, Nordenstam revient avec People are Strange, un album de reprises qui emprunte son titre à la chanson des Doors, laquelle cloture le disque en beauté. Avant cela il y a Sailing de Rod Stewart, saisissante de raideur avec le fantôme de Gould au piano ;  Bird on a Wire de Leonard Cohen avec une guitare famélique et des chœurs onctueux ; Purple Rain de Prince sur des percussions lo-fi sépulcrales… Stina a également ajouté un titre de son cru, Come to Me où sa voix de chaton enroué hante à la façon de Lisa Germano, complétant ce disque où chaque chanson a été passée à son tamis exigeant. Alors la Suédoise n’est pas là pour flatter son auditoire à la manière de Siouxsie quand elle déboule avec Through the Looking Glass, mais au contraire de Scarlett Johansson qui s’est permis de pasticher Tom Waits en 2008, Stina défend une identité musicale très à part, fragile et précieuse.

Stina Nordenstam – And She Closed Her Eyes

Née à Stockholm en 1969, Stina Nordenstam est une chanteuse et compositrice suédoise. Initiée à la musique par son père, elle débute dans une formation jazz avant de signer un premier album chez Telegram, remarqué en 1991 par le collectif This Mortal Coil… Trois ans plus tard, And She Closed Her Eyes révèle son style singulier entre la langueur des Cocteau Twins et le dépouillement de Nick Drake ; féérique (Viewed from the Spire) et folk (Crime, Hopefully Yours), avec une guitare discrète où sa voix enfantine se pose comme un filet de citron repris par un saxo (Little Star)… La seconde partie du disque est un peu plus rythmée, avec des percussions évoquant David Sylvian (I See you Again) et un piano feutré pour cet ensemble de 12 chansons susurrées comme autant de comptines séraphiques, à écouter avant Karen Dalton et après Vespertine de Björk.