Soft Machine – Third

Le troisième album de Soft Machine paraît en 1970, double vinyle où chaque face comprenait un morceau de 19 minutes. Facelift captive avec le saxophone du nouveau venu Elton Dean, qui flirte d’abord avec 21st Century Schizoid Man avant d’évoluer vers un ballet de flûtes suggérant un Nick Drake qui aurait pris ses vitamines. Emmitouflé dans un couloir d’orgue hammond, Slightly all the Time prolonge le voyage dans une linéarité d’abord digne de Steve Reich, suivie de coulées mélancoliques où le saxo de Dean et la basse de Hopper rivalisent de repartie ; c’est mon titre préféré et il est enchaîné à Moon in June où l’on se souvient que Wyatt sait aussi chanter, très à l’aise dans ces vrilles n’appartenant qu’à lui… Moins copieux qu’un bon disque de krautrock, cet opus au son un peu crade acompagnera à merveille une sieste dominicale ; l’instrumentale jazz Out-Bloody-Rageous bouclant le quatre heures cosmique.

Soft Machine – The Soft Machine/Volume Two

En 1966 à Canterbury, le chanteur et batteur Robert Wyatt s’entoure de Mike Ratledge aux claviers, Daevid Allen à la guitare et Kevin Ayers à la basse pour former l’un des groupes fondateurs du rock psychédélique britannique. Ils ont alors déjà travaillé avec Hugh Hopper et croisé la route de Terry Riley, se nomment Soft Machine en hommage à un roman de William Burroughs et publient leur premier album éponyme en 1968 ; océan de collages où certains titres jazzent mieux que d’autres, ainsi So Boot if at All et A Certain KindWyatt déploie sa célèbre voix flûtée, rappelant les Silver Apples avec Lullabye Letter… Musicalement voisin, Volume Two voit le jour en 1969, les deux opus ayant été réunis sur un seul cd en 1989 ; où l’orgue hammond de Hibou, Anemone and Bear tutoie Zappa après avoir récité l’alphabet… Le délirant Dada Was Here fait songer à Yolanda et la batterie de 10:30 Returns to the Bedroom referme en furie ces trente morceaux plus farouches que les Pink Floyd à leurs débuts.