René Aubry – Signes

Si l’on en croit la description à l’intérieur du digipack, un très bel objet avec ses zones vernies, René Aubry a un peu réduit la voilure de son orchestre de poche, sept ans après le joli coup de Steppe. Les cordes restent en tête, et servent à la fois de ligne mélodique et de soutien rythmique, aux guitares s’ajoutant cette fois le bouzouki venu de Grèce, ainsi que l’italienne mandoline, donnant un mélange particulièrement réussi sur Aquarelle. Il s’agit cette fois encore d’illustrer un ballet chorégraphié par Carolyn Carlson, et nous restons bien dans un univers feutré, perturbé avec Trouble et Trou Noir, plus serein sur Désordre et carrément guilleret sur Pomme d’Amour ; ce titre étant situé à la fin de l’album avec deux autres morceaux n’appartenant pas au ballet, et dont je retiens les attendrissants sifflements de Love Song.

René Aubry – Steppe

Né dans les Vosges en 1956, René Aubry a composé les musiques des spectacles de sa compagne, la chorégraphe Carolyn Carlson, des illustrations sonores assimilées par les médias mais aussi des œuvres plus confidentielles, comme l’album Refuges sorti en 2011… En refermant le livret de Steppe, on voit René Aubry en train de décocher une flèche avec son arc de compétition, prophétisant le but qu’il allait atteindre avec cet album éclaireur, où l’on apprend qu’il est derrière tous les instruments, des guitares au banjo, de l’accordéon à l’harmonica, des percussions aux claviers, jusqu’aux quelques fragments de voix que l’on entend sur White Horse ou The Dark Wind. Un véritable homme orchestre, et qui va taper dans le mille avec ce disque dont un des titres a été adopté par une certaine Mireille Dumas dans les années 90, annonçant chaque semaine Bas les Masques, qui fut la première émission de télé-réalité. Mais Steppe a d’abord été écrit pour le ballet du même nom, et ces titres largement instrumentaux restent atypiques et plaisants à l’oreille, entre mélodie et dépouillement.