Ray Charles – The Genius of Ray Charles

Paru un mois (sic) après son précédent album, The Genius of Ray Charles est marqué par un son plus structuré, soutenu par un véritable orchestre dirigé par Quincy Jones. Ça démarre en trombe avec Let the Good Times Roll, où les cuivres semblent donner la réplique à Ray Charles, mais aussi Alexander’s Ragtime Band construit sur le même principe et où les Raylettes sont de retour aux chœurs. Ray Charles était aussi le génie des ballades, et ce disque n’en manque pas : It had to Be You et When your Lover has Gone, sans oublier l’étourdissante Don’t Let the Sun Catch you Cryin’. Après avoir accommodé le gospel et le blues, Ray se fait crooner et conclut avec Come Rain or Come Shine, annonçant déjà Georgia on My Mind, enregistré l’année suivante… Un album qui ressemble à la vie, où passée une première partie pleine d’adrénaline (à l’origine la face A du vinyle), la seconde moitié se veut plus apaisée. Toutefois, après s’être demandé Am I Blue ?, l’envie de remettre le disque au début pourrait bien l’emporter… « You only live but once, and when you’re dead you’re done. »

Ray Charles – What’d I Say

Chanteur, compositeur et pianiste américain, Ray Charles est né en Géorgie en 1930. Issu de parents pauvres, il devient aveugle à l’âge de 7 ans et intègre une institution spécialisée ; où il apprend le solfège et la clarinette, le piano et le saxophone alto. Il chante dans les clubs dès 17 ans et enregistre un single en 1949 ; sa rencontre avec le producteur Quincy Jones est décisive jusqu’à son premier grand succès The Sun’s Gonna Shine Again, une chanson produite par Ahmet Ertegün, fondateur de la maison de disques Atlantic… Paru en 1959, l’album What’d I Say incarne déjà le style que Ray Charles va peaufiner durant toute sa carrière, entre soul & rhythm’n blues sur les incontournables What’d I Say, Jumpin’ in the Morning et My Bonnie ; ou franchement jazz avec Rockhouse et son duo piano-sax qui donne envie de taper du pied. Le livret intègre les paroles, ce qui est plutôt rare en jazz,  ainsi qu’une photo signée Lee Friedlander.