Ravi Shankar – Pandit Ravi Shankar

En 1986 à Radio France, Ravi Shankar enregistre au sitar trois morceaux de musique indienne avec côtés de Kumar Bose au tabla, Vidya Bataju et Jeevan Govinda au tampura qui ressemble à un luth allongé. Puriya-Kalyan est un raga ou « être musical » sinuant comme un fleuve bienveillant, où l’on plonge dans les méandres de sonorités patiemment tissées durant 31 minutes… D’abord dépouillé, le raga Purvi-Kalyan est bientôt accompagné des vibrations d’un tabla qui a pu inspirer la Diva de Cosma ; avant de conclure par Man Pasand, un dhun ou « musique légère, romantique et lyrique » selon la définition fournie dans le livret de la collection Ocora, dont les remous rappellent l’intro du Royaume de Siam de Manset… Plus académique que West Meets East (que je recommande pour découvrir Shankar), ce disque pousse lentement au gré des écoutes, comme une fleur s’élançant vers le ciel ou une figure de yoga répétée à la perfection. Alors il faut certes s’accrocher un peu, mais à la fin c’est promis : Ravi rend heureux.

Ravi Shankar – West Meets East

Né en 1920 à Bénarès, « Pandit » Ravi Shankar est un compositeur indien. Son frère aîné est acteur et l’initie à la danse, mais Ravi préfère la musique et apprend le sitar qui devient son instrument de prédilection, publie son premier album à 36 ans et se produit aux Etats-Unis, rencontre les Beatles et fait connaître sa musique qui sera même adoptée par les Rolling StonesWest Meets End paraît en 1967, fruit d’une collaboration avec le violoniste Yehudi Menuhin où les deux virtuoses se répondent en suivant les cadences triomphales de la musique indienne (Swara Kakali) ; improvisant ensuite de concert sur le doux Raga Piloo, avec le tabla d’Alla Rakha rappelant Devotional Songs… Paru chez Angel, ce cd capiteux regroupe 7 morceaux issus des trois rencontres entre les deux musiciens, Tenderness étant mon favori pour sa ressemblance avec une scène de danse frénétique dans Le Salon de Musique de Satyajit Ray ; même si en 1957 ce dernier avait préféré les services d’Ustad Vilayat Khan, l’autre maître du sitar.