Public Image Limited – That What is Not

Trois ans après le tonique 9, Rotten et les mêmes sont de retour pour un album qui conforte leur lignée pop rock, au gré d’arrangements bien calibrés où le chant de Johnny a perdu en surprises… Acid Drops met dans le bain mais se termine par un sample lourdaud issu de Never Mind the BollocksLuck’s Up se moque des drogués et God s’en prend au maître des nuages ; c’est à mi-chemin que l’inspiration revient à Lydon, débridé sur le bluesy Love Hope avant de nous faire vibrer sous les cordes croissantes d’Unfairground, où chœurs et guitares font oublier le reste, pour ne rien dire du déferlement mexicanisant sur le morceau final… Dernier opus du groupe avant une séparation qui va durer vingt ans, That What is Not est inégal mais son dynamisme reste attachant. « Andale, andale… Arribaaaa ! »

Public Image Limited – 9

Après le bouquet noir de 1981, PiL a publié des albums dont je n’ai conservé aucune trace, ces trublions à inspiration variable ne méritant pas l’exhaustivité. Je les retrouve avec joie en 1989, sur leur septième album intitulé 9… Sauf John Lydon tout le monde a été remplacé : Allan Dias à la basse, Bruce Smith à la batterie et John McGeoch à la guitare, ce dernier ayant fait partie de Siouxsie & The Banshees sept ans plus tôt… Surfant sur la new wave (tendance « gardons un pied dans cette bonne vieille pop »), Rotten s’est calmé en mettant le paquet sur la musique. Happy pose la question qui tue et Disappointed rappelle les Psychedelic Furs, il est possible de danser sur Brave New World et les chœurs féminins de Same Old Story sont incorporés au bon moment pour faire monter la mayonnaise : pas une tête ne dépasse mais on prend plaisir à écouter la cavalerie… Produit par Stephen Hague, lequel était aux manettes du Crush d’OMD quatre ans plus tôt, la pulsation de ce septième opus est impeccable.

Public Image Limited – Flowers of Romance

Paru en 1981 après le départ du bassiste Jah Wobble, le troisième album de PiL est chargé de percussions (Four Enclosed Walls, Flowers of Romance, Under the House), guitares froides (Track 8, Go Back, Another) et synthés caverneux (Banging the Door). Si le groupe a renoncé à explorer les longs formats que Metal Box avait laissé espérer, chaque morceau de Flowers of Romance a été moulé dans un bloc de haute densité, habité par John Lydon qui a oublié de faire le singe (à part roter au début du dernier morceau) ; installant une ambiance cold wave homogène et poignante, au point de le rapprocher du roi Pornography… La production est feutrée sous les doigts de Keith Levene et du vigoureux batteur Martin Atkins ; tantôt atone et tantôt extraverti, l’agile désenchantement de Flowers of Romance n’a pas son pareil dans ma discothèque.

Public Image Limited – Paris in the Spring

Paru en 1980, Paris in the Spring est le premier album live de PiL. Également intitulé Paris au Printemps, il propose 7 titres enregistrés en concert au Palace la même année. On y retrouve Theme, un fameux morceau de leur premier album, où Rotten en fait des kilos (« I wish I could die, I will survive… ») et ne rivalise avec Tago Mago qu’une seconde et demie ; Lowlife et Attack s’imposant avec davantage de fougue… Issus de Metal Box, Careering décoiffe mais Bad Baby se perd dans une intro poussive ; tandis qu’au début de Poptones, Rotten insulte son public en accordant sa guitare, bouclant honorablement cet album au son pourri, sorti d’autorité par la maison de disque et dont Johnny disait qu’il ne fallait pas l’acheter… La couverture est une peinture signée de sa main, où il ressemble à un sanglier parmi ses acolytes également caricaturés.

Public Image Limited – Metal Box

Érigé sur les cendres des Sex Pistols, Public Image Limited est le nom donné au groupe créé fin 1978 par John Lydon et son ami bassiste Jah Wobble, le guitariste Keith Levene et le batteur Jim Walker… Paru l’année suivante, Metal Box est leur second album et se présentait à l’origine sous la forme de trois maxi 45 tours rangés dans une boîte en métal. Où l’introduction engourdie d’Albatross préfigure Angel de Massive Attack, où la ligne rythmique de Memories évoque les débuts de la musique techno, où les incantations de Lydon sont criées sur Swan Lake avec la guitare en alu de Levene (qui rend hommage à Tchaïkovski), avant d’ajouter un synthé krautrock sur Careering et Bad Baby, rappelant Soundtracks… Avec sa basse dub et pâteuse, avec ses rythmes electro avant l’heure (Socialist, Radio 4), la créativité acérée de Metal Box n’a pas pris une ride. Le punk n’avait aucun avenir, vive le post punk !