Penguin Cafe Orchestra – Signs of Life

Paru onze ans après Music from the Penguin Cafe, ce quatrième album trace en apparence un sillon plus léger, l’ukulélé de Simon Jeffes donnant le ton avec Bean Fields. Ludiques également les violons de Dirt ou la progression séquentielle du Perpetuum Mobile ; mais le Penguin Cafe Orchestra aime brouiller les pistes et nous le rappelle avec les cordes emphatiques de Horns of the Bull, ou bien The Snake and the Lotus, inquiétant comme une sortie nocturne en forêt… Entre folk répétitif, jazz minimaliste et classique inclassable, avec Signs of Life le PCO continue d’abolir les frontières musicales pour s’achever sur l’apaisant Wildlife, un morceau de 11 minutes durant lesquelles on s’imprégnera de la couverture surréaliste de cet élégant digipack, représentant une peinture signée Emily Young.

Penguin Cafe Orchestra – Music from the Penguin Cafe

Le Penguin Cafe Orchestra a été créé en 1972 par le guitariste Simon Jeffes et la violoncelliste Helen Liebmann. Rejoints par Steve Nye au piano et Gavyn Wright au violon, leur album Music from the Penguin Cafe paraît en 1976 sur le label Obscure Records de Brian Eno, aux côtés de Harold Budd et Michael Nyman alors dans leur période expérimentale. Car le PCO relève lui aussi de l’expérimentation, et les morceaux de ce premier opus composent un puzzle inhabituel. On démarre avec un titre éponyme proche des King Crimson, l’impression se confirmant avec les cordes aériennes de The Sound of Someone you Love ou Surface Tension ; l’ensemble est plutôt instrumental mais entrecoupé d’intermèdes chantés, parmi d’autres terrains de jeux de déconstruction. Une énigme musicale où règne une grande liberté, découverte grâce à l’Itinéraire bis de Philippe Robert.