Pascal Comelade – L’Argot du Bruit

Deux ans après avoir tissé avec élégance une série de haïkus à l’usage du cinématographe, Pascal Comelade revient avec un disque plus ordinaire, si tant est que ce mot ait du sens à propos de ce pourfendeur de la biensonnance ; où l’on a tout de même l’impression qu’il a choisi 15 morceaux au hasard dans son grand sac à malice et hop, emballé c’est pesé ! Peut-être était-ce délibéré de sa part, son titre L’Argot du Bruit faisant référence à « l’argot de la peinture » tel que le pratiquait l’artiste brut Gaston Chaissac, grand recycleur de matériaux usagés ; en ce sens la vitrine est réussie, et d’être parvenu à y incorporer en duo PJ Harvey sur Love too Soon et plus encore Green Eyes, ne manque pas de sel… Marie = Un Faux-Cil dans la Transmission et Sardana Dels Desemparats, sorte de boléro façon Bregovic, sont pour moi les morceaux qui sortent du lot de ce catalogue intempestif, néanmoins utile à celui qui n’aurait encore jamais visité le dédale de Comelade.

Pascal Comelade – Un Samedi sur la Terre

Pascal Comelade est un compositeur français né à Montpellier en 1955. Il s’intéresse très tôt à la musique expérimentale de La Monte Young ou John Cage, fait une année de conservatoire et prend quelques cours de piano, puis autoproduit son premier vinyle à l’âge de 20 ans. Huit ans plus tard il crée le Bel Canto Orchestra aux côtés de Pierre Bastien, qui produisent de nombreux albums et des spectacles où se mêlent musiciens, profanes et instruments jouets. Électron libre d’une grande créativité, Comelade a publié une vingtaine d’albums en son nom propre, et au moins autant de collaborations… Parue en 1996, la bande originale du film de Diane Bertrand, Un Samedi sur la Terre, contient 23 piécettes instrumentales ciselées sur mesure, servant l’intrigue au plus près et dont les titres ressemblent à des indications scéniques : La fête foraine, La gare, L’orphelinat, Le couloir… Des miniatures où tel un acteur, Comelade déploie son jeu sur ses claviers enfantins, entouré d’une poignée de musiciens venus rehausser de flûte ou de mandoline ces vignettes d’une tendre sobriété, à égrener le temps de se faire son propre film.