Neil Young – Dead Man

Vingt-deux ans ont passé depuis On the Beach, Neil Young a surmonté bien des aléas lorsqu’il accepte de signer la bande originale du film Dead Man de Jim Jarmusch, deux ans après l’album Sleeps with Angels où il rend hommage à Kurt Cobain… Composé de six solos de guitare et d’un solo d’orgue, la musique de Dead Man oscille entre le noir et le gris, largement improvisée avec une guitare électrique en suivant la trame du film où Johnny Depp et Gary Farmer dérivent dans un western à la noirceur photogénique… À l’instar de la bande originale de Ghost Dog, du même Jarmusch et où les chansons sont entrecoupées de lectures, le disque reprend des extraits du film où l’on retrouve les poèmes de William Blake, et des dialogues cultes comme celui où Iggy Pop cuisine des haricots en forêt autour d’un feu de camp… Le voyage est profond et donne envie de revoir le film, surtout après avoir feuilleté le livret richement illustré. « Some are born to sweet delight, some are born to endless night… »

Neil Young – On the Beach

Paru chez Reprise deux ans après Harvest, le cinquième album studio de Neil Young est en rupture avec l’emphase et la chansonnette facile. Un orgue, une voix et un soupçon d’harmonica suffisent à See the Sky about to Rain ; le banjo de For the Turnstiles confirmant le dénuement, laissant le « loner »  presque a cappella le temps d’une ballade à la slide guitar. Les cordes se lamentent sur On the Beach, un blues sourd et martelé qui nous emporte doucement vers Ambulance Blues, où l’harmonica et le fiddle (nom canadien donné au violon populaire) s’épanchent jusqu’à enrober la voix de Neil plus grave qu’à l’accoutumée… Mélancolique et ralenti, plus exigeant que son prédécesseur, On the Beach est un album qui passe à toute allure et donne à peine le temps de méditer sur sa formidable pochette, où le chanteur fait face à l’océan tandis qu’un engin non identifié s’est échoué sur la plage, à côté des chaises à fleurs.

Neil Young – Harvest

Neil Young est un chanteur et guitariste canadien né à Toronto en 1945. Il rejoint la Californie à l’âge de 20 ans et s’implique dans de nombreux groupes de country rock, des Bufallo Springfield au trio Crosby, Stills & Nash, tout en démarrant une carrière solo avec un premier album éponyme en 1968… Le succès arrive quatre ans et trois albums plus tard, avec Harvest qui révélera au monde sa voix pointue, son harmonica et sa guitare. Un album où les genres se chevauchent, folk dépouillé avec Harvest, Heart of Gold dont on ne se lassera jamais et le poignant Old Man, tandis qu’A Man Needs a Maid et There’s a World se la jouent classiques à la manière des Moody Blues. Puis Neil sort sa guitare électrique sur le très country Alabama, et de conclure avec l’entêtant solo mêlé de piano de Words (Between The Lines Of Age)… Une tripotée de musiciens a contribué à cet album dont la simplicité n’est qu’apparente, des Stray Gators de Nashville aux chœurs de Crosby, Stills & Nash, en passant par le London Symphony Orchestra et le guitariste et producteur Jack Nitzsche. Le résultat est là : décennie après décennie, Harvest récolte à bon droit les suffrages des mélomanes.