Michael Nyman – Le Cuisinier, le Voleur, sa Femme et son Amant

Sept ans après Meurtre dans un Jardin Anglais et deux autres films de Peter Greenaway, Michael Nyman signe la bande originale du Cuisinier, le Voleur, sa Femme et son Amant, où Michael Gambon en voyou cynique et dépravé va semer le trouble puis la désolation au sein d’un grand restaurant tenu par Richard Bohringer. Un huis clos outrancier dont on sort ébranlé, articulé en dix jours de bâfreries nourris de plans-séquences grandioses où se mêlent tous les sentiments humains, sur lesquels Nyman a posé une partition ad hoc… Les 12 minutes du Memorial sont solennelles et minimalistes, on le retrouve tout au long du film comme un leitmotiv accentuant la tragédie qui se joue sous nos yeux. Book Depository est trop lugubre pour qu’on y lise le moindre livre, et avec Miserere on retrouve avec émotion le personnage de Pup, un enfant à la voix d’ange qui chante en lavant la vaisselle.… Quatre ans plus tard, Michael Nyman mettra en musique La Leçon de Piano de Jane Campion, confortant à l’instar de Gabriel Yared son statut de compositeur classique pour le cinéma.

Michael Nyman – Meurtre dans un Jardin Anglais

Michael Nyman est un compositeur et musicologue anglais né à Londres en 1944. Passionné de musique baroque, il étudie le clavecin et le piano, publie des articles critiques avant de créer The Michael Nyman Band en 1976. Sa collaboration avec le réalisateur Peter Greenaway débute quatre ans plus tard, avec lequel il signe la bande originale de l’incontournable documentaire fictif The Falls… Il récidive en 1982 et Meurtre dans un jardin Anglais, qui le propulse sur le devant de la scène aux côtés de Greenaway. Extravagante et subtile, l’intrigue se situe dans l’Angleterre du XVIIè siècle, au sein d’un manoir où un paysagiste réalise différents dessins qui seront reliés à un meurtre non moins raffiné… Nyman et son orchestre illustrent finement les différents tableaux qui composent l’histoire, piochant avec le même naturel dans le répertoire de Purcell que de Philip Glass. Avec sa clarinette doublée de violons, le thème principal est un classique reconnaissable dès les premiers accords ; un saxophone baryton sème le trouble dans A Watery Death et An Eye for Optical Theory renforce l’énigme, le temps d’un disque qui donne envie de revoir ce film que l’on n’a pas fini d’élucider.