Mazzy Star – So Tonight That I Might See

Paru trois ans après She Hangs Brightly, le second album de Mazzy Star a gagné en langueur, en songes racontés par la voix moelleuse de Sandoval et la guitare déliée de Roback. On démarre avec Fade Into You et son tambourin discret, leur titre le plus connu avec Asleep from Day ; puis les orgues de Mary of Silence plongent dans une torpeur rappelant Murder Ballads… La reprise de Five String Serenade d’Arthur Lee couve à feu doux sous des cordes retenues, sauvages l’instant d’après avec She’s My Baby (« ain’t that something… ») où infuse un bouillon d’inquiétude… Tout aussi rocks sont les accords furtifs de Bells Ring rappelant Osez Joséphine ; et un rien country avec Into Dust, autre délicatesse composée hors des sentiers rebattus de la pop, ténébreuse et originale tandis que Lana jouait encore à la poupée… Rebelle et étoffé, So Tonight That I Might See est vraiment indé.

Mazzy Star – She Hangs Brightly

Formé en 1989 à Santa Monica, Mazzy Star est un groupe de rock américain indépendant. Membre d’Opal depuis 1983 (en hommage à Syd Barrett), le guitariste David Roback se sépare de la bassiste Kendra Smith et recrute la chanteuse Hope Sandoval, dont la voix caractérise Mazzy Star dès leur premier album paru en 1990, She Hangs Brightly entre folk et dream pop imprégné de blues… Intimiste (Blue Flower) et mélancolique (Ride it On), psychédélique (Taste of Blood) ou enchanteresse sous les soubresauts de Ghost Highway ; la slide guitar et les rythmes de Mazzy Star touchent au cœur avec un dépouillement que Lana Del Rey n’atteindra jamais, leurs voix offrant de troublantes similitudes… Apprécié de Kurt Cobain, Mazzy Star va confirmer son avantage avec So Tonight That I Might See, et en attendant me donne envie de faire une virée nocturne du côté de Mulholland Drive. « You’re a ghost on the highway, and I love you forever… »