Madness – The Rise and Fall

Quatrième album de Madness, The Rise and Fall voit le jour en 1982. On avance dans les années 80 et le son des allumés du nord de Londres s’est policé, faisant penser à la percée pop réalisée par les Dexys Midnight Runners au même moment… Tomorrow’s Just Another Day et son harmonica, Mr. Speaker ou Sunday Morning : tel un moineau s’approchant des miettes d’un sandwich, ces chansons gravitent autour du tube Our House, son thème au saxo, sa basse nerveuse et son piano cascadé, soutenu par le chant nostalgique de Graham McPherson… Tiptoes ou That Face sont teintés de new wave le long d’arrangements à la mayonnaise, au sein de ce qui aurait pu être un véritable concept album sur l’enfance. On aboutit à un pique-nique au lieu d’un festin, sorte de version sans sel du Misplaced Childhood de Marillion.

Madness – One Step Beyond…

Formé en 1976 à Camden autour de Mike Barson, Chris Foreman, Lee Thompson et Chas Smash, Madness est un groupe britannique associé au genre du ska, reconnaissable à sa rythmique syncopée haute en couleur. Leur premier album One Step Beyond… paraît en 1979, dont le titre éponyme est une reprise vitaminée de la version originale signée Prince Buster, le Jamaïcain qui a démocratisé le ska dans les années 60. Ça sifflote et ça papote sur Land of Hope and Glory, on se croirait dans un pub à siroter une Real Ale, Rockin’ in a Flat n’a rien à envier à la frénésie des Tom Tom Club et la mélodie de Tarzan’s Nuts s’imprime instantanément, rehaussée de percussions timbrées… Derrière leurs dégringolades de piano et leurs airs potaches, les inventeurs du « nutty sound » offrent une folie douce et bienvenue, certains soirs où des voix extrêmes voudraient nous faire douter de l’homme…