Ludwig van Beethoven – Symphonie n°5 (Gould)

Les neuf symphonies de Beethoven ont été transcrites pour le piano par le Hongrois Franz Liszt, un spécialiste du genre qui s’engageait à restituer les œuvres par tous les moyens possible au piano. En 1968, lorsque Gould enregistre la cinquième symphonie de cette manière, il est pour ainsi dire le premier à s’y coller et en l’absence de modèles antérieurs, va cette fois encore déconcerter la critique… Il est déjà difficile d’écouter une œuvre que l’on connaît bien sous la baguette d’un autre chef d’orchestre ; alors évidemment, Beethoven par Gould d’après Liszt, la première fois ça surprend. Je n’ai d’ailleurs pas tout de suite insisté, c’est en y revenant deux ou trois fois que les horizons ont commencé à se rapprocher : au souvenir de l’orchestre de Kleiber s’est superposé le monologue éclatant du pianiste, l’un appelant l’autre dans un échange saisissant. La mémoire musicale aussi est malléable, et la lenteur d’exécution de Gould autorise à chaque fois d’autres détours.

Ludwig van Beethoven – Symphonie n°9/Ouverture Coriolan

Quinze ans ont passé depuis la Symphonie n°5, mettant en scène Ludwig van aux prises avec son propre destin. Aussi, lorsqu’il s’attelle à son dernier chef-d’œuvre, on a le sentiment qu’il souhaite partager la joie d’avoir triomphé, réussi à faire mentir le sort en offrant une ultime symphonie éblouissante, de portée universelle et qui remue la moelle à bien des égards. Le thème central de l’Ode à la Joie n’y est pas étranger, chanté durant un final de presque vingt minutes, un thème qui deviendra également l’hymne européen en 1970, un an avant d’être trituré par les bons soins de Wendy Carlos dans le film Orange Mécanique, prolongeant avec éclat l’écho de cette musique faite pour imbiber les tympans de chaque génération. L’édition de Karajan est majestueuse, dans le livret de la Deutsche on trouve même le texte de l’Ode de Schiller.

Ludwig van Beethoven – Concerto pour piano n°5

Ce Concerto pour Piano n°5 est le dernier que composa Beethoven, peu après sa cinquième symphonie avec laquelle il partage le goût de l’exaltation, même si c’est de façon moins impérieuse. L’écriture pour piano et orchestre permet de tisser des échanges plutôt lyriques, donnant une impression de spontanéité comme s’il ne fallait pas faire double emploi avec les forces en présence dans les symphonies… Le Premier Mouvement a ma préférence, aux thèmes mélodieux et variés, allant crescendo comme l’ascension d’une montagne pas trop difficile. C’est cependant le Troisième Mouvement que tout le monde reconnaît dès les premières mesures, avec ses envolées de piano reprises en échos de cordes joyeux. Dirigée à Vienne par Zubin Mehta, cette interprétation d’Alfred Brendel est disponible dans de nombreuses rééditions.

Ludwig van Beethoven – Symphonies n°5 et 7

Composée en 1807, la cinquième symphonie de Beethoven dite du Destin est l’une des œuvres classiques les plus connues. Il suffit d’entendre ses quatre premières notes pour ne plus jamais les oublier, et aussitôt avoir envie d’écouter celles qui suivent. C’est avec ce disque que j’ai découvert la musique quand j’avais 5 ans, et comme je n’ai pas l’intention de démystifier ce souvenir, il conservera toujours une aura particulière. Mais comme c’est de toute manière un des plus beaux enregistrements au monde, surtout dans son interprétation par Carlos Kleiber rééditée ici chez Deutsche Grammophon, je suggère à chaque être humain d’en faire l’acquisition séance tenante. En plus la septième symphonie y figure aussi, avec l’inépuisable mouvement Allegretto que Gaspar Noé a repris en 2002 dans son film Irréversible ; autre chef-d’œuvre auquel le temps donnera raison…

Ludwig van Beethoven – Symphonie n°3

De par sa longue durée, la Symphonie n°3 constitue un exploit qu’à l’époque, personne n’avait tenté avant. Dominée par un sentiment d’énergie, elle est entrecoupée d’une Marche Funèbre de 16 minutes encore utilisée de nos jours, lors de commémorations. Dite Héroïque, cette symphonie était d’abord dédiée à Napoléon Bonaparte, mais lorsque celui-ci devint empereur, Beethoven estima qu’il avait trahi les idéaux révolutionnaires, et se ravisa en choisissant d’honorer son mécène le Prince de Lobkowicz. Flûtes, hautbois et clarinettes rivalisent de virtuosité au milieu de jets de cordes nerveux, brillants et provoquant chez l’auditeur un sentiment d’élévation, cette symphonie étant souvent considérée comme étant à l’origine du romantisme en musique. Accompagné d’un livret en français, ce disque a été enregistré par Herbert von Karajan et l’orchestre philharmonique de Berlin.

Ludwig van Beethoven – Concerto pour piano n°3/Leonore Overture n°3

Compositeur allemand né à Bonn en 1770, le talent de Beethoven au piano se développe dès 5 ans. Sa rencontre avec Joseph Haydn sera déterminante, mais il souffre d’être comparé à Mozart. Conscient de sa surdité naissante, il se consacre exclusivement à l’écriture dès 1802 ; compose sa neuvième symphonie en 1824, totalement sourd depuis six ans et trois ans avant sa mort… Beethoven a 31 ans lorsqu’il écrit son troisième Concerto pour Piano, qu’il dédie au prince et musicien Louis-Ferdinand de Prusse, mort au combat à 34 ans. Ayant ressenti ma première émotion musicale en écoutant la Symphonie n°5, j’ai toujours eu à cœur d’approfondir l’œuvre de Ludwig, dont ce concerto évoque déjà l’amplitude des symphonies à venir. J’aime en particulier la nervosité mélodique du Rondo Allegro, étonnant de modernité, où les cordes lancent un thème repris par tout l’orchestre dans un dialogue permanent avec le piano. Un disque élégant terminé par la Leonore Overture n°3, avec Anton Nanut à la baguette et Dubravka Tomsic au clavier.