Louis Armstrong – Louis and the Good Book

Arrangés par King Oliver, qui contribua à faire connaître Louis dès 1922, ces douze morceaux sont souvent inspirés de l’Ancien Testament, Nobody Knows the Trouble I’ve Seen ou Go Down Moses évoquant les thèmes de la misère et de l’esclavagisme, intimement liés à la vie d’Armstrong. Cela n’empêche pas ce disque de dégager une bonne humeur communicative, la musique y étant comme toujours pleine de verve, la voix de Louis râpeuse comme on l’aime, secondée par un chœur de dix chanteurs. Je peux me passer en boucle Shadrak et Ezekiel Saw de Wheel, le groove de ce dernier étant renversant, car lorsque blues et negro spiritual se rencontrent sous la bannière du trompettiste, les anges sont juste à côté.

Louis Armstrong – Jazzline

Louis Daniel Armstrong est né en 1901 à La Nouvelle-Orléans, où il a grandi dans un quartier désœuvré, assistant aux parades des brass bands. À 20 ans, il est l’un des premiers à jouer de la trompette en solo au sein d’une formation de jazz, et à chanter avec cette voix rauque, devenue légendaire et souvent associée aux débuts du scat, qui consiste à remplacer le chant par des paroles inventées ou des onomatopées. En jazz ou en classique, qui n’a jamais commencé par une anthologie pour s’intéresser ensuite aux bons enregistrements ? Pourtant on conserve parfois ces disques mal ficelés, parce qu’ils font partie de notre histoire ou contiennent un titre interprété d’une façon qui nous a marqués… Sorties sous la bannière Jazzline (d’où j’ai également sauvé un album de Miles Davis), ces chansons ont été enregistrées par Armstrong et ses All Stars à Pasadena, Chicago, Los Angeles, Milan et Stockholm. De Tin Roof Blues à When The Saints Go Marchin’ In, ce blues enjoué donne assurément des fourmis dans les jambes.

Louis Armstrong – Satch Plays Fats

Un an après avoir enregistré les chansons de W.C. Handy, Louis Armstrong incarne ici les grands succès de Fats Waller, avec lequel il n’a pu jouer qu’une seule fois, celui-ci n’ayant pas dépassé l’âge de 41 ans. Ain’t Misbehavin’ est un bijou de swing où chant et piano, trompette et batterie chaloupent à l’unisson, et sur Squeeze Me nous retrouvons les échanges parlés entre Velma Middleton et Louis, ce dernier alternant la voix et la trompette, soutenant le chant de Velma jusqu’au couplet suivant, à son tour accompagné par la clarinette ou le trombone. Le livret est garni, les photos des musiciens sont d’Art Maillet et cette édition révèle de nombreux bonus, en particulier les deux titres précités dans leur version de 1929, qui nous balancent hors du temps et où l’on entend Armstrong faire du scat.

Louis Armstrong – Plays W.C. Handy

Considéré comme l’un des fondateurs du blues, William Christopher Handy a écrit ses plus grands succès dans les années 20, parmi lesquels St. Louis Blues, déjà interprété par Bessie Smith et Louis Armstrong en 1925, et réenregistré sur ce disque parmi dix autres titres, en 1954 avec Velma Middleton à la voix. Sans être spécialiste en jazz, cet album m’a rendu moins inculte car il reprend plusieurs des titres qu’Armstrong jouait souvent sur scène, en nous plongeant aux sources du blues moderne. Ce disque s’écoute en savourant la décontraction des protagonistes, improvisant des échanges malicieux sur Loveless Love ou Hesitating Blues, ajoutant une touche d’humour à l’excellence musicale, la prise de son étant remarquable. Le livret contient une série de photos signées Guy Gillette, et tous les détails liés à la production.