Lou Reed – Rock ‘n’ Roll Animal

Lou Reed est un chanteur et guitariste américain né à New York en 1942. Il apprend le piano puis la guitare ; souffre de dépression à l’adolescence où ses aspirations musicales se heurtent au conservatisme de sa famille, qui va lui imposer un traitement aux électrochocs dont il se souviendra longtemps. Puis il rencontre John Cale et forment le Velvet Underground pour une poignée d’albums qui vont marquer les années 70, avant d’entamer une carrière solo deux ans plus tard… produit par David Bowie en 1972, son second album Transformer comprend les succès Walk on the Wild Side et Perfect Day ; deux ans avant le live Rock ‘n’ Roll Animal où Reed reprend surtout des chansons du Velvet dans des versions longues, ainsi l’Intro précédant Sweet Jane qui offre un moment de guitare à la Santana pour une entrée en scène digne de ce nom… Les 12 minutes de Heroin font de l’effet et la complainte de Lady Day (extraite de l’album Berlin) prend ici une tout autre ampleur ; mais c’est le titre éponyme qui ravit la vedette avec son mémorable solo de guitare, la basse de Prakash John relevant la sauce jusqu’au sommet de la casserole.

John Cale & Lou Reed – Songs for Drella

Créé fin 1989, Songs for Drella marque l’éphémère réunion de John Cale et de Lou Reed, vingt ans après le départ de Cale du Velvet Underground. Il s’agit d’un hommage à Andy Warhol sous forme de chansons écrites à la première personne, où l’icône du pop art évoque sa vie et son rapport au monde. Bien que ce soit Reed qui ait porté l’essentiel de ce projet, il me plaît de l’associer plutôt à Cale, virtuose au piano et au violon, dont la voix est présente sur cinq titres incluant A Dream ou la narration d’un rêve, mais aussi l’énergisant Trouble with the Classicists et le prophétique Faces and Names… C’est à la télé que j’ai entendu ce duo pour la première fois, une nuit de 1990 lorsque fut diffusée leur performance, enregistrée sans public dans une mise en scène dépouillée que Warhol aurait applaudie ; venant de deux artistes qui ont su mettre de côté leurs dissensions, le temps de redonner vie au troisième larron… Un album credo qui donne envie d’écrire sa plus belle page, de peindre sa plus belle toile ou de faire sauter la banque ; selon que l’on est poète, peintre ou joueur.