Les Rita Mitsouko – La Femme Trombone

Paru en 2002, La Femme Trombone est le sixième album des Rita Mitsouko. Après avoir parcouru la gamme des sentiments avec Marc et Robert, le binôme signe un opus poivré et bien balancé, avec la complicité d’Iso Diop à l’orgue et aux aux percussions programmées… La fertilité est au cœur de la rencontre du Titron, aqueuse ainsi que de Tous Mes Voeux ; l’amour est en crise avec Tu me Manques et son clavier comme Yazoo, ses mots de glace contre la tiédeur ; Ce Sale Ton qui persiste et l’on veut croire à la venue de Sacha, où l’on ne sait pas trop si le désir émane « d’une maman ou d’une putain », la question parcourant plusieurs chansons et que Ringer pose sans ambages sur Vieux Rodéo… Un disque aux accents féministes où la liberté réside à l’intérieur de soi (Evasion) ; l’avant-dernier car Fred trépasse en 2007, mettant un terme prématuré à ce duo doué.

Les Rita Mitsouko – Marc et Robert

En 1988 et après avoir assis leur popularité avec les tubes présents sur The No Comprendo (Les Histoires d’A., Andy, C’est comme ça), Catherine et Fred reviennent avec Marc et Robert où les textes surréalistes de Hip Kit plongent dans un bain poétique à la Bashung, prolongé avec Smog où Chichin est au chant… Une mélancolie poignante traverse Mandolino City avant l’approche du Petit Train et sa mélodie badine mais tenace, ses paroles évoquant l’holocauste et Ringer de se révéler en filigrane… Tongue Dance et Singing in the Shower apportent une touche de légèreté ; avant Petite Fille Princesse où le contraste entre la musique et les paroles suscite à nouveau l’émoi. Avec Toni Visconti au saxo et un piano jazz, Harpie & Harpo mêle vocalises bilingues et devinettes festives comme Putas’ Fever paru l’année suivante, que j’écoutais en boucle sur l’autre face de la K7 où j’avais enregistré ce disque… Les cordes d’Ailleurs me remuent et même si Live in Las Vegas boucle cet album en queue de poisson, cela ne m’empêche pas de le considérer comme le meilleur des Rita Mitsouko ; au son clair, ample et qui laisse toujours au chant la place qui lui revient. « Ailleurs, jusqu’à ce que la lune tombe… »

Les Rita Mitsouko – Rita Mitsouko

Catherine Ringer aime Brassens et le Velvet Underground, chante et joue de la flûte depuis toute petite ; Fred Chichin n’est pas doué à l’école mais connaît Hendrix sur le bout de doigts, évolue dans des groupes punk à la fin des années 70 ; ils se rencontrent lors d’une comédie musicale et forment les Rita Mitsouko, un duo de pop français qui va marquer les décennies suivantes… Leur premier album éponyme paraît en 1984 chez Virgin, Catherine est au chant et aux claviers, Fred à la guitare et l’alchimie opère aussitôt (Restez avec Moi), les accents de la Jalousie amplifiés par des mots carrés avant que La Fille Venue du Froid ne se livre avec nonchalance, une boîte à rythmes à la Dominique A se chargeant de lier le tout… Il y a aussi Marcia Baïla qui les a révélés l’été suivant, en hommage à leur amie chorégraphe Marcia Moretto, et la mémorable pulsation synthpop d’Amnésie… Parmi les inédits proposés sur l’édition cd, on retrouve leur premier 45 tours Minuit Dansant, plutôt anecdotique tandis que les synthés d’Aïe (Kriptonite Miss Spleïn) sont plus accrocheurs, qui me donnent envie d’aller faire un tour du côté d’Alambic/Sortie-Sud paru la même année.