Kate Bush – Hounds of Love

Kate passe tellement de temps à les enregistrer que la rentabilité de ses disques s’en trouve amoindrie, au point qu’elle va décider de construire son propre studio chez elle, levant définitivement cet obstacle. Son cinquième album, Hounds of Love, est le premier à avoir été produit dans ces conditions. Articulé en deux parties, la seconde face était à l’origine intitulée The Ninth Wave, suite expérimentale de sept morceaux où And Dream of Sheep nous fait tendre l’oreille, Under Ice rend grave (on y retrouve aux chœurs son frère Paddy), Waking the Witch effraie avec ses voix défigurées, tandis que les cornemuses de Jig of Life promènent en terres irlandaises. Mais ce sont surtout les 6 minutes de Hello Earth qui emportent loin, grâce à l’incrustation de Tsintskaro, chant traditionnel géorgien interprété par les chœurs du compositeur Richard Hickox. Un baume qui en fait le plus intéressant des albums de Kate Bush, et peu importe Running up that Hill

Kate Bush – The Dreaming

The Dreaming est le quatrième album de Kate Bush, et le premier qu’elle a entièrement produit. Deux ans plus tôt, le single Babooshka a amplifié sa notoriété, lui permettant de donner libre cours aux expériences les plus diverses, en particulier grâce au Fairlight CMI, le pionnier des synthétiseurs… Enregistré sur une période de plus d’un an, dans un souci de perfection coutumier ; The Dreaming est souvent considéré comme son projet le plus ambitieux, malgré un accueil mitigé à sa sortie. On y trouve des narrations élaborées (Get out of My House évoque The Shining de Stephen King, il y a aussi la magie de Houdini) mélangeant chœurs et récitations, cris et chuchotis dans une palette assez foutraque, sucrée plutôt qu’effervescente, voire indigeste à force de cette sophistication mise en avant, palpable au détour de chaque sillon. Hormis All the Love et ses samples de messages sur répondeur, je peine à trouver du sublime dans ce curieux disque.

Kate Bush – The Kick Inside

Née en 1958, Kate Bush est une chanteuse, musicienne et productrice britannique. Sa mère est danseuse folk et son père pianiste, ses deux frères photographe et fabricant d’instruments de musique. Elle propose ses premières chansons aux maisons de disque à l’âge de 16 ans, qui n’en veulent pas mais David Gilmour entend sa cassette et l’aide à produire de meilleures démos, lui permettant d’enregistrer The Kick Inside, son premier album chez EMI où sont déjà les Pink Floyd depuis dix ans. Kate a 20 ans et inonde le marché de son incomparable tessiture vocale, signant ses premiers tubes avec Wuthering Heights que je n’ai jamais trouvé indispensable, et The Man with the Child in his Eyes qui m’a toujours enchanté… Avec une couverture japonisante pour brouiller les cartes, The Kick Inside mélange à la fois l’intime et l’exaltant ; le tout enveloppé dans un son très ouvragé, avec Kate au piano et son frère Paddy à l’harmonica.