Johannes Brahms – Danses Hongroises

Composées en 1867, les Danses Hongroises ont pour origine la musique tzigane et le folklore hongrois, pour lesquels Johannes Brahms avait toujours manifesté son intérêt. Écrites à l’origine pour piano à quatre mains, c’est leur orchestration qui les rendra célèbre, à commencer par la cinquième Allegro vivace, rappelant dès les premières mesures la scène du barbier dans Le Dictateur de Charlie Chaplin, ce dernier rasant son client au rythme de ce qu’il entend à la radio… Entre fougue et mélancolie, ces 21 danses sont autant de vignettes à s’émouvoir, écrins taillés dans de la dentelle à oreille ; à écouter d’une traite avec l’impression de faire un voyage différent à chaque fois, surpris de trouver de nouvelles gares par la fenêtre de notre compartiment… Si je devais n’en retenir que trois : la première Allegro molto, la neuvième Allegro ma non troppo, et la onzième Poco andante. Avec Claudio Abbado à la baguette, et le toujours instructif livret de la Deutsche Grammophon.

Johannes Brahms – Symphonies n°3 et 4

Un temps surnommée Héroïque, toujours par référence à Ludwig van, la Symphonie n°3 de Johannes Brahms finira par être au moins aussi célèbre que la Cinquième de Beethoven, grâce à un certain Serge Gainsbourg depuis qu’il en a repris le troisième thème en 1983 ; pile un siècle plus tard dans la chanson écrite pour Jane Birkin, Baby Alone in Babylone sur un album éponyme traversé par le thème de la passion amoureuse, et que n’aurait peut-être pas renié Brahms… Lors de la première représentation, cette symphonie fut sifflée par les Wagnériens, mais ils étaient minoritaires et leur clameur fut étouffée sous les hourrahs que méritait cette fresque aérienne. Achevée deux ans plus tard, la n°4 fut accueillie avec moins de ferveur. De facture plus classique, il est facile de la teinter après coup de pessimisme, puisqu’elle fut jouée lors de la dernière apparition publique de son auteur, un mois avant sa mort. Pour moi qui écoute toujours mes disques en entier, elle prolonge la troisième et incarne avec brio l’humanisme de ce compositeur. Aussi, lors de vos prochains transports classiques : pour Romantique ne changez pas à Opéra.

Johannes Brahms – Un Requiem Allemand

Achevé un an après la mort de la mère de Brahms, Un Requiem Allemand se démarque des poncifs du genre. De Mozart à Fauré, le Requiem est d’abord une prière destinée à accompagner l’âme du défunt, où tout est codifié selon les rituels catholiques, de l’Introït à l’In paradisum même les textes sont connus à l’avance ; or chez Brahms rien de tout cela et dès l’ouverture, le Luthérien annonce la couleur en s’adressant aux vivants, à ceux qui souffrent « car ils seront consolés » (Selig sind, die da Leid Tragen) ; au contraire du Requiem catholique qui s’intéresse d’abord au « repos éternel » des morts (Requiem aeternam dona eis Domine)… Cela étant précisé, si j’aime certains chants sacrés c’est avant tout pour des raisons musicales. Réconfortants pour les mystiques, ils rappellent aussi la solitude où se situe l’incrédule, ne l’empêchant pas d’être imprégné par des airs aux allures de symphonie, comme sur Denn Wir Haben Hie Keine Bleibende Stat ; voire par un chœur capable d’élever des remparts d’espoir contre un déluge de larmes.

Johannes Brahms – Symphonie n°1

Johannes Brahms a 43 ans lorsqu’il écrit sa première symphonie, un genre qu’il s’était juré quatre ans plus tôt de ne jamais aborder. Sa réception fut élogieuse, le compositeur et chef d’orchestre Hans von Bülow la qualifiant même de « Dixième Symphonie de Beethoven. » Il en écrira trois autres en l’espace de sept ans, réputées ardues et selon ses propres dires : « sans se soucier d’être aimable. » Articulée en quatre parties, difficile en effet de ne pas y entendre Ludwig van ; et si le profane que je suis ne va pas se lancer dans une étude comparative des partitions, je lui trouve une chaleur singulière dans l’utilisation des cuivres, appréciant particulièrement le troisième motif Un poco allegretto e grazioso, préludant au dernier et plus majestueux quart d’heure, où le finale rend un hommage appuyé à l’Ode à la Joie.

Johannes Brahms – Quatuor avec Piano n°1/Ballades

Johannes Brahms est un compositeur, pianiste et chef d’orchestre allemand né à Hambourg en 1833. Son attrait pour la musique romantique a fait de lui le digne successeur de Beethoven, bien qu’il ne soit venu que tardivement au genre symphonique. Pianiste virtuose, il joue dans des tavernes hambourgeoises dès l’âge de 13 ans. Il rencontrera Robert et Clara Schumann, se liant d’une profonde amitié avec cette dernière, puis se brouillera avec Franz Liszt et Richard Wagner, opposé à leurs considérations sur la « musique de l’avenir. » Composé à l’âge de 32 ans, le Quatuor avec Piano n°1 est demeuré célèbre pour son quatrième mouvement, Rondo Alla Zingarese, où les dialogues entre alto lent et piano fougueux dégagent un vrai sentiment de modernité, comme un échange amoureux… Avec le Russe Emil Gilels au piano, grand spécialiste des Romantiques, qui signe également les Ballades, œuvres de jeunesse de Johannes Brahms peut-être inspirées par son admiration naissante pour Clara Schumann.