Jean-Luc Ponty – Cosmic Messenger

Aluni en 1978, Cosmic Messenger démarre par le titre du même nom, ou l’harmonie parfaite entre le violon électrique et les claviers, pour un envol immédiat vers la planète en fusion de Ponty… La virtuosité de The Art of Happiness fait songer à Stanley Clarke et Don’t Let the World Pass you By rend optimiste avant de s’introvertir à la manière de John Surman avec I only Feel Good with You suivi d’Ethereal Mood et sa rythmique boisée, formant un triptyque harmonieux avec le morceau éponyme… Egocentric Molecules est glouton, qui démarre comme un essaim d’abeilles six ans avant l’interprétation du cosmos selon Parmegiani ; mais Ponty butine aussi du côté de Santana et Puppet’s Dance ou Fake Paradise éloignent cet opus de l’enchantement d’un Offramp, nous laissant suspendus dans l’espace comme sur le dessin de couverture signé Daved Levitan.

Jean-Luc Ponty – Enigmatic Ocean

Un an après Aurora, Ponty revient avec Enigmatic Ocean où l’on embarque dans le Trans-Love Express et son roulis électrique… Avec l’entrée des instruments comme de petites cascades, la batterie de Steve Smith qui claque et les rasades d’un violon qui vient d’être affûté, Mirage pourrait être la bande son d’un polar des années 80… Le titre éponyme se déploie en quatre parties où les solos se superposent, Allan Zavod creuse la gamme au synthé et la guitare rythmique de Daryl Stuermer semble parcourue de plus de dix doigts ; Ponty reprend la main et l’on reste en apnée le long des récifs coralliens vers The Struggle of the Turtle to the Sea, pièce maîtresse de 14 minutes où la basse gutturale de Ralphe Armstrong fait impression… Avec sa bonne bouille en couverture, Jean-Luc Ponty signe un disque ruisselant où l’on s’immerge sans grelotter, aux airs marins qui donnent envie de fureter du côté d’Eddy Louiss.

Jean-Luc Ponty – Aurora

Né en 1942 de père violoniste et de mère pianiste, Jean-Luc Ponty est un compositeur de jazz français. Admis au Conservatoire de Paris à 16 ans, il se passionne pour la musique de John Coltrane puis collabore avec Frank Zappa ou Serge Gainsbourg sur Histoire de Melody Nelson, signe chez Atlantic en 1975 et s’impose progressivement sur la scène jazz fusion. Paru l’année suivante, Aurora démarre avec son violon électrique reconnaissable entre tous, parsemant Is Once Enough? de notes accortes… Aurora raconte une histoire en deux parties où le clavier de Patrice Rushen est d’abord à l’unisson du violon ; ce dernier opérant ensuite un solo où guitare et piano prennent le large dans un groove rappelant Fat Albert Rotunda… On pense aussi au Mahavishnu Orchestra avec lequel Jean-Luc travaille alors depuis deux ans ; Waking Dream offrant une déambulation digestive au clair de lune, tamisée par la basse de Tom Fowler.