Hector Berlioz – La Damnation de Faust

Hector Berlioz adapte le Faust de Gœthe en 1846, d’après la traduction de Gérard de Nerval. Ce disque fait partie de mes premières acquisitions classiques, où ne figurent que les deux premières parties du livret, mais je l’aime bien pour ses voix françaises et intelligibles, ses chœurs grandiloquents et la force de suggestion d’une musique soulignant la narration, festive sur Certains Rats dans une Cuisine, recueillie sur Dors Heureux Faust. Il y a aussi la Marche Hongroise, intermède sans paroles aussi célèbre qu’exaltant. L’Orchestre de Paris est dirigé par Georges Prêtre, sur un label paresseux qui se contente de montrer un portrait de Berlioz en couverture, rappelant celui que l’on trouvait sur les billets de dix francs dans les années 70.

Hector Berlioz – Symphonie Fantastique

Hector Berlioz est né dans l’Isère en 1803. Sa famille le destinait à la médecine, il compose un Requiem en 1837 puis s’intéresse à l’opéra et dirigera autant ses œuvres que celles des autres, en chef d’orchestre très apprécié… Écrite en deux mois, la Symphonie Fantastique illustre la passion qu’il éprouve depuis trois ans pour sa future épouse, l’actrice Harriet Smithson, dont il est tombé amoureux en 1827 lors d’une représentation de Hamlet. Il devra patienter deux années de plus avant qu’elle n’assiste à sa représentation, et finisse par céder à ses avances. Œuvre romantique par excellence, articulée en cinq mouvements égrenant le même thème, comme une fixation amoureuse… Le Bal est aéré, flûtes et cordes évoquant la fête dont le soupirant est exclu, guidé au Supplice de l’empoisonnement jusqu’au Songe d’une Nuit de Sabbat, plein de visions funestes lorsque résonne le thème du Dies Irae, un poème liturgique souvent interprété lors de messes funèbres. Grandiose entre toutes, cette séquence m’évoque à la fois l’ouverture du film Shining de Kubrick, plan aérien où la voiture arrive à l’Overlook Hotel, mais aussi La Mort de Jacques Brel.