Grandaddy – The Sophtware Slump

Paru en 2000 et entièrement composé par Jason Lytle, le second album de Grandaddy a marqué le début du XXIè siècle de son empreinte désenchantée. J’en limite les écoutes mais c’est à chaque fois une expérience totale, qui n’a rien perdu de sa vérité 19 ans plus tard… On entre dans le vif du sujet avec les mots adressés à « l’homme de l’an 2000 » sur He’s Simple, He’s Dumb, He’s the Pilot ; gravement beau tandis que les paroles conservent un semblant d’espoir, mais le ton change avec Jed the Humanoid et son synthé désolé, son clavier aussi défait que celui ayant servi à créer ce robot qui commet l’irréparable par manque d’affection… La mélodie de The Crystal Lake redonne des couleurs mais dénonce un monde artificiel, et revoilà Jed qui a eu le temps d’écrire un poème (Beautiful Ground) avant de se court-circuiter… Je n’oublie pas le troublant Miner at the Dial-a-View, où s’engage un dialogue avec une machine préfigurant les excès de Google Earth et Siri réunis ; autant de mauvais rêves narrés avec poésie dans un style electro, qui rappellent des épisodes de la Twilight Zone mais aussi OK Computer paru trois ans plus tôt.

Grandaddy – Under the Western Freeway

Créé en 1992 non loin de San Francisco, Grandaddy est un groupe américain de rock indépendant. Jason Lytle assure le chant, la guitare et les claviers ; Kevin Garcia la basse et Aaron Burtch la batterie. Ils autoproduisent leurs premières maquettes dans un studio construit au domicile de Lytle, puis enregistrent Under the Western Freeway en 1997 chez Will Records… Après l’éprouvant Nonphenomenal Lineage, amer et crypté avec le chant essoufflé de Jason Lytle que l’on retrouve sur Collective Dreamwish of Upperclass Elegance, une balade pensive à la guitare acoustique ; les Californiens mettent du sucre dans leur jeu, space rock avec Laughing Stock et dubitatif sur WhIy Took your Advice ; tandis que le titre éponyme fait tourner une boucle anachronique à la Boards of Canada… Un album fluide et qui contient un morceau caché où l’on entend crickets et bourdons dans la prairie ; un parfum d’authenticité qui m’invite à redécouvrir les Flaming Lips.