Graham Coxon – A+E

En rupture avec The Spinning Top, son précédent opus aux accents folk, le huitième album de Graham Coxon paraît chez Parlophone en 2012 et ne perd pas une seconde pour nous entraîner dans un univers enragé (Advice), saturé de guitares et où l’on sent que Graham a envie d’en découdre. What’ll it Take est à la fois guilleret et obsessionnel, le chanteur se demandant de nombreuses fois « What’s wrong with me ? », j’aime la batterie sourde et les paroles minimalistes de City Hall, mais plus encore les accents cold wave de Knife in the Cast… Entre bribes de démos brutes et bricolages en post-production, A+E lâche la bride comme aucun album de Coxon, dont la voix reste malgré tout centrale et très maîtrisée. Dix chansons bruyantes et qui éraflent à l’image du genou blessé en couverture d’A+E, ces initiales évoquant le département hospitalier des « Accident and Emergency. »

Graham Coxon – Love Travels at Illegal Speeds

Six ans après son premier opus et la fin de son label Transcopic, sur lequel il a creusé des veines expérimentales allant du noise au punk avec pas moins de cinq albums ; Coxon revient avec Love Travels at Illegal Speeds, signé chez Parlophone et produit par Stephen Street, réputé pour avoir collaboré avec The Smiths… Graham s’est assagi et avec une poignée de musiciens invités sur l’un ou l’autre titre, se laisse guider dans des chansons moins revêches, tout en restant maître du jeu puisqu’il est aux commandes à la fois des guitares et de la batterie ! Du coup ça sonne un peu trop rock car il manque ce spleen dans lequel sa voix se débat si bien, I Can’t Look at Your Skin ou I don’t Wanna go Out font même penser aux Supergrass ; mais à d’autres endroits l’alliage est d’une efficacité redoutable, comme sur Don’t Believe Anything I Say et See a Better Day, où l’on retrouve ce vague à l’âme qui réconforte…

Graham Coxon – The Sky is Too High

Graham Coxon est un auteur-compositeur-interprète et peintre né en Allemagne en 1969. Il est d’abord connu comme guitariste et cofondateur du groupe Blur, aux côtés de son ami d’enfance Damon Albarn à la fin des années 80. Son premier album paraît en 1998, peu avant le début de la fin de Blur, même si bien entendu ils se reformeront plus tard pour amuser la galerie… The Sky is Too High a été produit sur le label Transcopic, créé par Coxon et qui va lui permettre une grande liberté créative, car il n’a pas l’intention de faire du sous-Blur et il suffit de 46 secondes pour s’en apercevoir : Thats all I Wanna Do ouvre l’album sur des humeurs sombres, saturées de guitares brutes et d’une batterie démontée ; un son lo-fi assumé le long de titres dépouillés, souvent acoustiques comme In a Salty Sea, R U Lonely ? ou l’éblouissant I Wish… Un premier disque rugueux et où l’on pense à la fois à Syd Barrett et aux Beatles, accidenté et peut-être un peu fou, mais certainement pas flou.