Genesis – And then There were Three

Avec le départ du guitariste Steve Hackett, réduisant Genesis à Tony Banks, Mike Rutherford et Phil Collins, 1978 marque un tournant dans la carrière du groupe qui s’éloigne du style progressif vers un format pop rock, à travers leur neuvième album And then There were Three où germe déjà la carrière solo que Collins esquissera trois ans plus tard… Verrouillées dans un format court, étriquées à la manière de hits pouvant passer à la radio, les chansons mettent au premier plan la voix de Phil interprétant des mélodies tumultueuses (Undertow, Ballad of Big) tandis que Snowbound et Say it’s Alright Joe renferment déjà l’esprit des slows propres à la bande fm des années 80… Sauvé des eaux, The Lady Lies demeure le joyau longue durée de ce disque annonciateur de la façon dont Genesis va passer à la postérité, faisant hélas trop vite oublier tout ce qui a précédé.

Genesis – The Lamb Lies down on Broadway

Paru en 1975, The Lamb Lies down on Broadway est un concept album de 94 minutes, à l’origine double vinyle. Il s’agit du dernier album auquel participe Peter Gabriel, qui en écrit l’essentiel des textes avant de quitter le groupe et entamer une carrière solo. Inspiré du film El Topo d’Alejandro Jodorowsky, ce disque raconte l’initiation de Rael, un délinquant portoricain soustrait au monde réel afin d’affronter des situations oniriques et surréalistes… Une histoire qui se découvre au fil des morceaux, où le groupe lâche enfin la bride à son académisme, s’autorisant des envolées psychédéliques à la hauteur de la situation. Les voix sont filtrées sur Back in N.Y.C. et Hairless Heart chatouille la cheville de Close to the Edge ; tandis que The Waiting Room ose une ambiance capitonnée de premier plan et Carpet Crawlers s’impose comme une des plus belles ballades de Genesis. Un opus ambitieux, accompagné d’un livret permettant de suivre à la lettre les faits et gestes du protagoniste.

Genesis – Selling England by the Pound

Paru en 1973, Selling England by the Pound est le cinquième effort studio de Phil, Peter & Co. Un an après Foxtrot, Genesis progresse dans sa croisade vers le passé en élaborant de plus belle des tirades enjôleuses, truffées de mythologie ou nappées d’instrumentales maîtrisées comme des partitions classiques… J’aime bien The Battle of Epping Forest et ses allures de pique-nique épique, enchaîné avec After the Ordeal où piano et guitare dansent un slow avant la prochaine guerre ; mais la postérité a plutôt retenu les soli de Steve Hackett et Mike Rutherford sur The Cinema Show, complétés par le piano de Tony Banks en ouverture et fermeture de Firth of Fifth… Tout ceci est lancinant, Collins donne dans la voix de flûte et inspirera sans doute Alan Parson deux ans plus tard, dont le projet certes moins savant aura l’avantage de concilier art et modernité.

Genesis – Foxtrot

Genesis est un groupe britannique de rock progressif créé en 1967 par le chanteur Peter Gabriel, le clavier Tony Banks et le bassiste Mike Rutherford ; rejoints trois ans plus tard par le batteur Phil Collins et le guitariste Steve Hackett. Malgré un premier album passé inaperçu, entre autres parce que leur nom signifie Genèse et leur vaut d’être classés au rayon musique religieuse par certains disquaires, leur style singulier va bientôt assurer leur réputation, entre la voix éraillée de Gabriel et les déguisements qu’il revêt sur scène, complétant une musique sophistiquée associée à des textes érudits… Quatrième album du groupe, Foxtrot paraît en 1972 et se distingue par le morceau Supper’s Ready, dont les 22 minutes sont emblématiques voire caricaturales d’un certain rock progressif, entre comptine à l’eau précieuse, transitions virtuoses et orgue médiéval. Sans avoir la force d’un album des King Crimson, c’est gentiment mis en boîte… « A flower ? »