Fuck Buttons – Tarot Sport

Un an après le diabolique Street Horrsing, les frappés du bouton récidivent avec Tarot Sport, un second album qui en reprend la recette avec quelques modifications allant à l’encontre de l’effet « maelström » tellement impressionnant sur Street Horrsing. Mais nous partons de très haut, et Tarot Sport mérite une attention que Surf Solar impose d’emblée, suivie des grooves exaltants de Rough Steez et The Lisbon Maru ; sans parler de l’entonnoir à sensations Olympians… Moins noise et plus drone, Tarot Sport ne se contente pas pour autant d’étirer des nappes de bourdon, loin de la pratique au demeurant sublime des américains Earth ; c’est cet art de l’empilement qui fait le génie des FB, puisant le meilleur de l’ambient, du noise et du post rock afin de restituer cette pâte extravagante, jaillie d’un tube de dentifrice en apesanteur… Et même si trop de sophistication finit par nuire à l’album, car Phantom Limb est agaçant et les deux derniers morceaux n’ont pas le panache espéré, Tarot Sport réserve de grands moments.

Fuck Buttons – Slow Focus

Paru en 2013, Slow Focus est le troisième album des Fuck Buttons. Quatre ans ont passé depuis Tarot Sport, et c’est avec une certaine impatience que je me mets dans les conditions idéales à la découverte de ce nouvel opus : tous feux éteints à l’exception d’une bougie discrète, calé dans mon fauteuil favori… Ça commence plutôt pas mal avec les décharges électriques de Brainfreeze, son tam-tam éclatant bien parti pour faire décoller, mais dès Year of the Dog quelque chose a changé. Les morceaux ne s’enchaînent plus comme avant, il faut désormais compter avec une fragmentation des styles qui ne fonctionne pas vraiment, car les Fuck Buttons n’ont ni la grâce d’Orbital (auquel on pense avec Prince’s Prize) ni la fraîcheur des Human League en sortant leurs synthés vintage sur Stalker… Partis du sommet avec Street Horrsing, les FB ont perdu en route ce qui faisait leur singularité dévastatrice, aussi malgré la beauté de sa couverture (une constante sur tous leurs albums), ce digipack ne mérite pas qu’on allume une bougie.

Fuck Buttons – Street Horrsing

Fuck Buttons est un combo britannique formé à Bristol en 2004 par Andrew Hung et Benjamin John Power, qui se sont rencontrés dans une école d’art. Ils se produisent beaucoup sur scène avec leur synthé Casio datant des années 80, mais aussi une machine à karaoké leur permettant d’aboutir on ne sait trop comment à ce mélange unique dans l’histoire de l’electro… Paru en 2008, leur premier album Street Horrsing défie les codes en vigueur dans le petit monde du post rock, débordant sans façon sur les plates-bandes de Mogwai en abolissant la frontière entre silence et mélodie, pour redéfinir sa propre idée du bruit… Six morceaux s’enchaînent pour quarante-neuf minutes de déchaînements où samples saturés, percussions infernales et plages surpeuplées forment un imbroglio inaudible de prime abord ; mais si l’on prête une oreille à la fois alanguie et attentive (ce qui demande un peu de pratique), une clarté inconnue pourrait bien apparaître… Un premier opus radieux, fracassant et qui promet une expérience différente à chaque écoute.